Automobile

Scandale diesel: Renault sous enquête judiciaire

Alors que Volkswagen voit le bout du tunnel du «dieselgate» aux Etats-Unis, c'est au tour du constructeur Renault, après Fiat-Chrysler, d'être sous enquête

Renault est désormais dans le collimateur de la justice française qui soupçonne fortement le constructeur de tromperie et de mise en danger de la santé par la commercialisation de véhicules diesel qui émettent des émissions excessives d’oxyde d’azote (NOx).

L’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Paris a été faite jeudi et annoncée vendredi matin. La direction de Renault prend note de l’information mais s’étonne, dans un communiqué diffusé vendredi en début d’après-midi, de n’avoir reçu aucune confirmation officielle de cette démarche judiciaire.

Renault «fera valoir ses droits»

Des investigations sur les moteurs diesel Renault et leur niveau de pollution avaient été menées dès fin 2015 sous l’égide du ministère français de l’Economie. Des perquisitions avaient été réalisées en janvier 2016 dans deux centres techniques et au siège social du constructeur. Le dossier avait ensuite été transmis en novembre 2016 à la justice.

Le groupe Renault indique «qu’il fera valoir ses droits» et nie toute infraction à la législation française et européenne. Il affirme que «les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution».

Fraude ou pas fraude, et si oui à quel niveau? C’est la question centrale. Le scandale des moteurs diesel de Volkswagen avait mis en lumière la grande différence entre les niveaux de pollution, en particulier aux NOx, mesurés sur les bancs des tests d’homologation des véhicules diesel, et ceux constatés sur la route, en condition normale. Une grande partie de la différence s’explique par la manière très complaisante de fixer les protocoles officiels de test d’homologation qui facilitent le passage de l’examen malgré des niveaux de pollution élevés en condition normale d’utilisation du véhicule.

Enquête contre Fiat-Chrysler aux Etats-Unis

Volkswagen a clairement fraudé car le constructeur allemand a installé un logiciel particulier qui repérait les conditions spéciales des tests d’homologation (pas de mouvement de volant et d’accélérations brusques par exemple) et faussait les données de contrôle. Il a admis sa culpabilité aux Etats-Unis, ce qui lui coûtera globalement quelque 20 milliards de dollars (20,15 milliards de francs).

Une enquête a été ouverte jeudi par l’agence américaine de l’environnement contre Fiat-Chrysler parce que le constructeur n’a pas annoncé un logiciel ordinaire de contrôle des NOx. Il risque une amende de 4,6 milliards de dollars. Sergio Marchionne, patron du groupe italo-américain, qualifie cette procédure d’insensée et affirme que le groupe n’a rien fait d’illégal. Il estime que le cas Volkswagen est d’une tout autre nature.

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