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Le scandale des «Panama Papers» expliqué en trois minutes

Vous pensez ne rien comprendre à l’affaire des «Panama Papers»? «Le Temps» vient à votre secours avec un résumé très simple

  • Une société offshore c’est quoi?

Une société offshore est simplement une société ouverte dans un autre pays que celui où on paie ses impôts. On entend habituellement par ce terme une société enregistrée dans un pays qui pratique une fiscalité avantageuse et qui préserve l’anonymat de ses détenteurs.

Ainsi une société offshore peut-elle être un moyen pour blanchir de l’argent ou frauder le fisc. C’est cette possibilité qui rend suspects tous les détenteurs de sociétés offshore alors que la pratique n’est pas illégale en elle-même.

  • Et Mossack Fonseca dans tout ça?

Mossack Fonseca est un cabinet d’avocats panaméen comptant plus de 500 employés. Il est un des leaders mondiaux dans la création de sociétés offshore. Ce sont des données issues de ce cabinet datant de 1977 à 2015 qui ont été transmises aux journalistes par un dénonciateur anonyme.

  • Comment tout a commencé?

En 2015, un anonyme qui se fait appeler John Doe a commencé à transmettre à un journaliste du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung des données sur les sociétés offshore créées et administrées par Mossack Fonseca. En tout, il a envoyé 11,5 millions de documents concernant 214 000 sociétés. Cette énorme masse de documents représente la plus grande fuite de ce type jamais gérée par la presse. Pour analyser et recouper ces données, la Süddeutsche Zeitung a fait appel à un consortium international de journalistes d’investigation (l’ICIJ). Les journaux révéleront les principaux enseignements de ces documents entre avril et mai 2016.

  • Qui est visé?

Plusieurs chefs d’Etat ou anciens chefs d’Etat sont cités dans ces documents, de même que leurs proches. Le premier ministre islandais Sigmundur Davíð Gunnlaugsson a donné sa démission suite aux révélations le concernant. David Cameron est dans la tourmente depuis qu’il a été révélé qu’il a détenu avant son élection des parts d’une société offshore créée par son père. Le président argentin Mauricio Macri est aussi cité, de même que le roi d’Arabie saoudite, des membres du Bureau politique du Parti communiste chinois et le président ukrainien.

Un proche de Vladimir Poutine est également cité, de même qu’un cousin de Bachar el-Assad, ou un neveu du président sud-africain Jacob Zuma.


En France, des proches de Marine Le Pen sont visés, de même que son père Jean-Marie, qui aurait caché de l’argent sous le nom de son majordome. Jérôme Cahuzac et la banque Société Générale son aussi visés.

Plusieurs personnalités de la FIFA ont également été citées dans les dossiers. D’abord l’actuel président, l’Italo-suisse Gianni Infantino qui a signé en 2006 plusieurs contrats commerciaux au nom de l’UEFA avec une société offshore détenue par deux Argentins inculpés dans le scandale de corruption à la FIFA. On y trouve aussi des anciennes grandes figures déjà suspendues lors du scandale de corruption en 2015 comme Eugenio Figueredo, et un membre du comité d’éthique, Juan Pedro Damiani, qui a dû démissionner depuis. Michel Platini apparaît également dans les dossiers.

  • Et en Suisse?

Les Panama Papers font apparaître au moins 1500 intermédiaires suisses. A Genève, le célèbre avocat Marc Bonnant est apparu comme le directeur actuel ou ancien d’au moins 176 sociétés offshore dont certains des bénéficiaires sont recherchés par la justice selon Le Monde. Le parquet genevois a ouvert une enquête et une perquisition a été menée aux Ports francs.

Dans plusieurs pays dont la Suisse, la justice a ouvert des enquêtes suite aux révélations des Panama Papers.


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