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Amag veut coopérer pleinement avec les enquêteurs suisses.
© WALTER BIERI / Keystone

Justice

Scandale VW: Amag n’échappera pas à une enquête pénale

Le Tribunal pénal fédéral a ordonné l’ouverture d’une procédure dans le scandale des moteurs truqués. Quelque 180 000 véhicules sont concernés en Suisse

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a effectué plusieurs descentes vendredi en fin de la matinée auprès des groupes Volkswagen AG et Amag, l’importateur exclusif de la marque allemande, et procédé à la saisie de nombreux documents et données électroniques liés au dossier des moteurs truqués des véhicules VW. Les perquisitions ont eu lieu dans plusieurs villes aussitôt après le verdict prononcé à Bellinzone par la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (TPF), ordonnant l’ouverture d’une procédure pénale en Suisse contre Volkswagen AG et Amag. Dans un communiqué publié vendredi après midi, celui-ci a fait savoir qu’elle coopérait pleinement avec les enquêteurs.

Lire aussi: VW: les lésés suisses s’impatientent

Ordonnance du MPC cassée

Autant dire que le verdict du TPF a d’emblée cassé l’ordonnance de non-entrée en matière publiée le 26 mai dernier par le MPC. Ce dernier avait alors fait valoir qu’il n’existait aucun indice de soupçon de fraude. Les juges de Bellinzone ont considéré au contraire qu’Amag pouvait avoir connaissance des manipulations des émissions polluantes par le fabricant automobile allemand. Dans son communiqué, le revendeur réitère que «tout comme le grand public, ce n’est que vers le 20 au 21 septembre 2015 qu’elle a pris connaissance des premières informations sur les possibles tricheries en matière de gaz d’échappement par les médias». En Europe, les premières informations sur le scandale avaient paru le 15 septembre.

«Le Ministère public nous a fait perdre une année»

Le recours contre l’ordonnance de fin mai a été assuré par les «Avocats de la route» pour le compte de 596 personnes qui avaient déposé plainte contre la société VW et Amag en automne 2015. Dans l’ensemble, ce sont 180 000 véhicules qui sont concernés en Suisse. «Le verdict est une importante victoire pour les propriétaires des véhicules trafiqués, s’emballe Jacques Roulet, l’avocat qui a représenté les personnes lésées. Le Ministère public nous a fait perdre une année et nous ne sommes qu’au début de l’ouverture d’une enquête pénale.» Les juges ont donné le feu vert pour obtenir, par voie de commissions rogatoires, toutes informations utiles auprès des autorités compétentes en Allemagne.

En Europe, VW refuse tout dédommagement

Pour Jacques Roulet, il y a clairement un cas d’escroquerie dans la mesure où Amag a trompé les acheteurs en continuant à vendre des voitures aux moteurs incriminés après que le scandale ait déjà éclaté au grand jour. Il affirme qu’aux Etats-Unis, les faits étaient même déjà connus en 2013. Prenant de nouveau à partie le MPC, l’avocat rappelle que la Commission européenne a annoncé cette semaine son intention de sanctionner les Etats qui n’ont pas pris de mesures disciplinaires contre l’automobiliste allemand. Il rappelle encore que VW a consacré 15 milliards de dollars pour dédommager les propriétaires lésés alors qu’en Europe, l’entreprise refuse toujours toute compensation. «En Suisse, la balle est maintenant dans le camp du MPC et on peut compter sur moi pour veiller à ce que l’enquête aille jusqu’au bout», conclut-il.

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