Au cours des sept premiers mois de l'année, la performance du fonds «Japanese equities» de Schroder a dépassé d'environ 2% celle de l'indice élargi Topix à la Bourse de Tokyo, confirme lors d'un entretien téléphonique Fumiko Roberts, gérante du fonds à Londres. Une surperformance que cette dernière attribue aux valeurs défensives (indépendantes du cycle conjoncturel) comme Yasuda Fire and Marine Insurance dans le secteur de l'assurance (3,5% du portefeuille) et East Japan Railway dans les transports (3,3%). Mais la responsable mise également sur des valeurs plus cycliques comme les télécoms: la déréglementation du secteur devrait être bénéfique dans le long terme à des sociétés comme Nippon Telegraph & Telephone (NTT), selon la gérante, car elle les force déjà à réduire leurs coûts.

Le Temps: Quels sont les secteurs que vous privilégiez?

Fumiko Roberts: Nous surpondérons les valeurs défensives comme la pharmacie et l'assurance non-vie, mais aussi des valeurs cycliques comme les producteurs de biens électriques. Il est vrai que les efforts de restructuration de Hitachi ne sont pas encore très substantiels, mais certains grands producteurs comme NEC et Fujitsu ont annoncé des mesures de restructuration qui devraient leur être bénéfiques. Ces sociétés ont souffert du retournement conjoncturel, mais elles offrent de bons rendements à long terme et leur valorisation est revenue à des niveaux corrects. En revanche, nous sous-pondérons le secteur de l'automobile, du commerce de détail et des banques, car elles ne sont guère profitables.

– Vous aviez une participation de 4,8% dans Matsushita Electric fin décembre 2000, soit la plus grosse de votre portefeuille. Or, le titre a plongé de 36% depuis le début de cette année pour s'échanger actuellement à un niveau de 1740 yens…

– J'ai réduit cette participation en début d'année et le titre ne représente maintenant plus que 2,5% du portefeuille. C'est une entreprise très vieille qui doit batailler avec des syndicats très puissants. Les dirigeants sont en train de négocier afin de réduire le nombre de postes et des mesures de restructuration devraient bientôt être annoncées. Un certain nombre d'employés a déjà été transféré dans d'autres filiales du groupe. Le titre devrait remonter à un niveau de 2300 yens d'ici à l'année prochaine.

– Votre plus grosse participation est maintenant dans l'opérateur de téléphonie mobile NTT DoCoMo (4% du fonds)

– Nous avons récemment ajouté ce titre au portefeuille car il possède une valorisation intéressante, mais sa pondération reste néanmoins inférieure à celle de 6% l'indice Topix. Dans les télécoms nous avons également investi dans Nippon Telegraph & Telephone à hauteur de 2,9% (le groupe a annoncé la suppression de 60 000 emplois, ndlr). Le secteur devrait bénéficier de la décision du gouvernement d'ouvrir le marché à d'autres opérateurs domestiques et étrangers. Cette mesure ne se concrétisera pas du jour au lendemain, mais elle poussera les entreprises à réduire leurs coûts.

– Qu'en est-il du secteur de la technologie?

– En général, nous essayons d'augmenter notre pondération dans ce secteur qui représente environ 25% du portefeuille, si l'on inclut les producteurs de hardware, de biens électriques et électroniques comme Sony. Les sociétés de technologie ont eu récemment des résultats catastrophiques. Nous ne prévoyons pas de retour à une croissance économique forte, mais si la production industrielle atteint un plus bas d'ici à la fin de l'année, voire au début de l'année prochaine, la confiance des producteurs et des consommateurs devrait reprendre.

– Que pensez-vous du succès du premier ministre, Junichiro Koizumi, lors des élections sénatoriales il y a une semaine?

– C'est un bon signe, car cette victoire devrait lui donner davantage de poids dans la mise en place de son plan de réformes. Malheureusement nous ne savons pas encore de quoi il est fait. Et maintenant que les élections sont terminées, il n'a plus aucune excuse de ne pas le clarifier. Le gouvernement japonais discute actuellement d'un projet de budget de sécurité sociale pour les gens qui perdent leur emploi. Ce serait bien s'il se concrétisait. L'argent du gouvernement serait mieux dépensé que dans la construction d'autoroutes et d'infrastructures, comme c'est le cas actuellement.