Foire

Les sciences de la vie recrutent à Genève grâce à des ex-employés de Merck Serono

L’association Geneva Pharma Network organise ce jeudi son premier salon de l’emploi. Le groupe américain Incyte, qui installe son siège européen à Genève, y fera ses «emplettes»

Les sciences de la vie recrutent à Genève grâce à des ex-employés de Merck Serono

Foire L’association Geneva Pharma Network organise ce jeudi son premier salon de l’emploi

Le groupe américain Incyte, qui installe son siège européen à Genève, y fera ses «emplettes»

Créée en 2013, sur les cendres de Merck Serono, par d’anciens employés de la multinationale de Sécheron, l’association Geneva Pharma Network (GPN) lance ce jeudi au Campus Biotech à Genève sa première foire de l’emploi consacrée aux secteurs de la pharma, des sciences de la vie et des medtechs. «Les multiples bouleversements qu’ont connus ces industries sur le pourtour lémanique, avec notamment Shire et Alexion qui ont quitté le canton de Vaud pour la région zurichoise, ou encore suite à la restructuration d’Addex Therapeutics, nous ont incités à réagir», indique Catherine Bates, cheville ouvrière de la manifestation et ex-responsable de la communication institutionnelle chez Merck Serono.

Depuis le départ du groupe allemand, qui employait plus de 1250 salariés dans la Cité de Calvin, une partie non négligeable des employés n’a toujours pas retrouvé d’emploi en Suisse romande. «Nos 600 membres – des professionnels de la branche ou des étudiants en recherche d’emploi – restent fortement attachés à la région, où ils souhaiteraient poursuivre ou débuter leur carrière», ajoute-t-elle.

Et Arthur Roach, président du GPN et ancien chercheur en neurologie chez Merck Serono, de préciser: «L’Arc lémanique présente un fantastique bassin de recrutement. Les talents qui le composent peinent à quitter cet écosystème après y avoir travaillé. Grâce à mon parcours, je dispose d’un important réseau au Japon et aux Etats-Unis. Mais j’ai réalisé qu’il manquait une structure efficace de mise en contact à l’échelle romande. Raison pour laquelle j’ai co-fondé le GPN.»

La récente dynamique de terrain laisse entrevoir de sérieuses opportunités d’embauche à court terme. La multinationale japonaise Santen Pharmaceutical a annoncé fin 2014 l’ouverture à Genève d’une plateforme commerciale pour toute l’Europe. Deux groupes américains, Incyte et Linkage Biosciences, ont aussi officialisé la semaine dernière leur installation dans la ville du bout du lac. Et d’après Le  Matin Dimanche, quatre autres entreprises américaines préparent leur implantation dans la «Health Valley».

Incyte, qui doit aménager son siège européen au cœur de la Cité de Calvin dès juin prochain, ­prévoit d’engager localement jusqu’à 80 salariés. Le groupe sera ­présent ce jeudi au Campus Biotech – ancien site de Merck Serono, aujourd’hui propriété des milliardaires suisses Ernesto Bertarelli et Hansjörg Wyss – pour dénicher ses futurs collaborateurs. Au total, treize entreprises (Celgene, Labatec Pharma, Quotient Suisse ou encore cabinets de recrutement ­spécialisés) ont répondu présentes à cette occasion. Elles auront face à elles près de 150 candidats annoncés.

Hôte de la manifestation, le Campus Biotech joue ici un rôle important de plaque tournante et de pôle d’attraction pour des sociétés des sciences de la vie souhaitant prendre pied en Suisse occidentale. Pour l’heure, la «vallée de la santé romande» («Health Valley») fait partie des trois places les plus vigoureuses aux côtés de Cambridge et Oxford en Grande-Bretagne, parmi les 42 pôles dédiés à ce secteur en Europe. Elle dénombre environ 750 entreprises, pour 25 000 emplois.

Toutefois, la région de Bâle, dont la zone de chalandise englobe aussi la France et l’Allemagne, recense 900 sociétés pharmaceutiques et de medtech. Quelque 50 000 salariés y travaillent. Alors que le Grand Zurich, principalement orienté technologies médicales, emploie 21 000 spécialistes. En Suisse, le secteur des medtechs représente à lui seul 1600 entreprises, soit 51 000 places de travail (1,1% des emplois du pays, contre 13 700 postes dans le secteur biotech), pour 2,1% du PIB national et 5,5% de la valeur des exportations.

«Les nombreux talents de l’Arc lémanique peinent à quitter cet écosystème romand après y avoir travaillé»

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