Sciences de la vie

Sciences de la vie: la Suisse en tête de liste des préférences

Les entreprises actives dans les sciences de la vie ont tout intérêt à choisir la Suisse pour se développer, selon une étude de KPMG

Trois pays sortent du lot lorsqu’on évoque les meilleurs endroits en Europe pour développer des activités dans l’industrie pharmaceutique, la biotechnologie ou les appareils médicaux. Il s’agit de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la Suisse.

En chiffres absolus, concernant le nombre de sociétés ou la quantité de projets de recherche, la Grande-Bretagne et l’Allemagne dépassent la Suisse, mais ce n’est plus le cas si des éléments qualitatifs comme la compétitivité, la qualité de la vie, la flexibilité des relations de travail, ou la qualité des infrastructures sont mises dans la balance.

Ce sont les conclusions d’une vaste étude comparative englobant 17 pays, publiée par KPMG, qui a été présentée mardi à San Francisco à l’occasion d’un congrès international de biotechnologie.

Nouveau modèle

L’étude est publiée à un moment où les entreprises actives dans les sciences de la vie doivent songer à un changement de leur modèle commercial en raison de la pression sur les prix des médicaments et d’une profonde modification de la réglementation de l’OCDE liée au projet BEPS.

Ce projet, qui est en lien indirect avec la réforme de l’imposition des entreprises débattu ces jours par les Chambres fédérales, introduit des conditions fiscales qui obligeront les entreprises à créer de la valeur ajoutée aux meilleurs endroits possibles en termes de productivité et d’efficacité de l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche à la distribution en passant par la fabrication.

KPMG constate que de nombreuses entreprises pharmaceutiques et de technologie médicale réfléchissent à repositionner leurs activités. Plusieurs sociétés américaines l’ont déjà fait, entraînées dans un mouvement d’inversion fiscale qui a finalement été stoppé par l’administration Obama. La recherche de centres d’excellence, de «clusters», en particulier pour les sociétés américaines qui entendent se développer sur le continent européen, va s’accélérer selon KPMG.

La Suisse, dans ce contexte, a une excellente carte à jouer. «La Grande-Bretagne et la Suisse, qui disposent de bonnes conditions-cadres, pourront profiter de l’effet BEPS», assure André Guedel, auteur de l’étude.

Nouvelles usines

Biogen a par exemple posé, en janvier près de Soleure, la première pierre d’une usine de biotechnologie destinée à produire un médicament de pointe contre la maladie d’Alzheimer. Celgene a fait de même, à la fin de semaine dernière, pour sa deuxième usine dans le canton de Neuchâtel.

La force de l’Allemagne réside dans un tissu dense de petites sociétés de biotechnologie entourées de sièges internationaux de grandes sociétés. La Grande-Bretagne abrite 1610 entreprises, contre 1876 en Allemagne, et 727 en Suisse. Elle dispose du plus grand nombre de projets de recherche et développement en Europe.

La Suisse, qui compte 105 000 emplois dans le secteur, tire parti de l’élan donné par les géants bâlois Roche et Novartis, et de sa place financière. Elle se situe en deuxième position européenne, devant la Grande-Bretagne, en ce qui concerne la levée de fonds pour des sociétés des sciences de la vie non cotées en bourse.

Ses atouts sont la compétitivité (no 1, devant la Grande-Bretagne, 7e), l’innovation, et la souplesse de ses lois sur le travail (no 1, devant la Grande-Bretagne, 15e, et l’Allemagne, 41e).

Le principal point faible relevé par KPMG est son bas niveau de cybersécurité (17e). «La Suisse devrait aussi faire des efforts pour améliorer la formation professionnelle et résoudre du même coup le problème de la stagnation de sa productivité», note André Guedel.

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