Horlogerie

Le ton se durcit entre Richemont et ses employés

Les employés des manufactures horlogères du groupe continuent de rejeter les «licenciements boursiers». Les négociations entre les représentants du groupe et des syndicats se poursuivront jeudi

C’est un nouvel échec. Mardi, après plusieurs heures de négociations, le groupe Richemont et les représentants de ses employés n’ont une nouvelle fois pas réussi à tomber d’accord. Le délai de consultation du plan de restructuration annoncé mi-novembre – qui se traduit notamment par 211 suppressions de postes dans les manufactures de Vacheron Constantin et de Piaget – a donc été prolongé. Au sortir des discussions, les différentes parties s’étaient accordées sur une déclaration commune: «Les négociations reprendront jeudi sous l’égide des instances faîtières respectives.»

En tout, les discussions de mardi après-midi réunissaient une vingtaine de personnes (représentants des syndicats, de la convention patronale, des employés et des cadres des deux marques mais aussi du groupe Richemont) mais aucun accord n’a pu être trouvé.

Positions irréconciliables

Il faut dire que les positions semblent irréconciliables. Les syndicats estiment que les licenciements prévus «ne répondent à aucun impératif autre que celui d’augmenter les profits des actionnaires et du management du groupe». Leur demande: que Richemont recoure au chômage partiel plutôt qu’à des licenciements fermes. En face, le groupe de luxe continue, lui, de juger que le plan social négocié en février 2016 est particulièrement généreux. Et que la baisse de régime constatée actuellement dans l’industrie est structurelle plutôt que conjoncturelle, ce qui justifie de réduire le nombre d’emplois.

Lire aussi: Sur le chômage partiel, Richemont ne cédera pas (24.11.2016)

Mardi à midi, quelques heures seulement avant d’entrer dans cette fameuse séance, le syndicat avait invité les médias à un point presse à Plan-les-Ouates (GE), devant la manufacture de Vacheron Constantin. Objectif: informer de la décision des employés de refuser l’offre de plan social lors de différentes assemblées générales qui se sont tenues lundi. «Le personnel estime que le groupe a les moyens de maintenir l’emploi», soutenait Unia qui rappelait les rémunérations des cadres entre 2014 et 2016 – «68 millions de francs […] de quoi prendre ses responsabilités sociales».

Un tel conflit, «très rare dans cette industrie»

La réplique de Richemont ne s’est pas fait attendre. Dans une communication, le groupe de Bellevue (GE) a choisi de mettre l’accent sur d’autres chiffres. Lesdites assemblées générales «ont réuni 435 collaborateurs sur un effectif de 1352, soit un taux de participation de 32%. Au vu des 282 votes négatifs», cela représente 21% des salariés soit 65% des collaborateurs présents aux AG, pointait simplement le groupe.

L’étape suivante? Jeudi, les deux parties feront donc recours à des représentants nationaux plutôt que régionaux et les négociations reprendront. La convention collective de travail – dont une nouvelle mouture a encore été signée la semaine dernière dans la bonne humeur entre syndicats et représentants du patronat – prévoit une procédure d’arbitrage en trois niveaux: dialogue entre représentants des deux parties, recours à une instance de médiation et, en dernier recours, mise en place d’un tribunal arbitral.

La nature de ce conflit surprend les observateurs. «Un tel conflit est très rare dans cette industrie, confessait l’un des participants aux négociations. En général, nous préférons régler les choses à notre manière et en toute discrétion.»


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