A la tête de Sulzer depuis la mi-avril, Ueli Roost a promis d'informer avant la fin de l'année sur les orientations stratégiques qu'il compte mettre en place pour relancer une entreprise en perte de vitesse. Depuis plusieurs semaines l'ensemble des secteurs d'activité du groupe sont passés à la loupe. Plusieurs unités, qui sont évaluées en fonction de leurs résultats et de leur importance stratégique, sont susceptibles d'être vendues ou fusionnées avec des concurrents. Deux scénarios sont à l'étude. Soit Sulzer choisit de se séparer de sa division médicale pour devenir une pure société industrielle, soit l'entreprise décide au contraire de conserver ses deux pôles, mais se sépare d'un certain nombre d'activités industrielles, comme par exemple la production de machines textiles ou encore Sulzer Chemtech (chimie). «Notre portefeuille est trop diversifié. Nous devons nous concentrer sur un nombre plus restreint d'activités», reconnaît Fred Kindle, directeur de Sulzer Industries.

Si la vente ou la cession d'une série d'activités est acquise les interrogations demeurent. Les investisseurs attendent non seulement de savoir quels seront les secteurs d'activité qui quitteront le groupe, mais également ce que Sulzer fera des sommes encaissées. Pour Arnaud Girardin, analyste à la Banque Lombard Odier & Cie, une séparation du domaine médical serait la meilleure solution. «Sulzer Medica souffre de sa dépendance vis-à-vis du reste du groupe. Lui accorder son indépendance serait donc préférable.» Patrick Laager, analyste à la Banque Sarasin, partage ce point de vue, mais doute que cette option soit retenue. «Je ne crois pas que Ueli Roost va se priver de son moteur de croissance.»

Sulzer Medica performe

Les résultats du premier semestre montrent effectivement que Sulzer Medica est toujours l'activité porteuse du groupe. Son bénéfice opérationnel atteint 146 millions de francs (+21%), contre seulement 21 millions de francs (+40%) pour la division industrielle. Alors que le chiffre d'affaires de Sulzer Medica progresse de 7% à 685 millions de francs, celui de Sulzer Industries recule de 1% à 1,792 milliard de francs. Les deux domaines d'activité de Sulzer Medica (implants cardiaques et produits orthopédiques) ont progressé de manière quasi identique. Quant au bénéfice net, il atteint 100 millions de francs, contre 655 millions de francs un an plus tôt. Les résultats du premier semestre 1999 englobaient toutefois un bénéfice extraordinaire de 591 millions de francs encaissé suite à la vente des activités d'électrophysiologie. Pour l'ensemble de l'exercice, l'actuel patron de Sulzer Medica, pour lequel Sulzer cherche toujours un remplaçant, pronostique une amélioration des résultats. «Grâce au lancement de nos nouveaux produits qui sont bien acceptés, nous allons certainement encore améliorer notre chiffre d'affaires et nos marges», affirme André Buchel.

Moins positifs, les résultats de la division industrielle du groupe devraient cependant s'améliorer au cours de l'exercice, profitant notamment de la bonne conjoncture dans le domaine des machines textiles où les entrées de commandes ont progressé de 21%, à 400 millions de francs. Sulzer Infra (construction) devrait pour sa part bénéficier de la reprise dans la construction. Ses entrées de commandes croissent de 8% à 742 millions de francs.

Le redressement des marchés du pétrole et du gaz dope également les entrées de commandes de Sulzer Services et équipements (pompes, construction mécanique, services) dont les commandes progressent de 19%, à 517 millions de francs. Chez Sulzer Chemtech (chimie), les commandes sont également en hausse (+6%), mais contrairement aux secteurs d'activité de Sulzer Industries le chiffre d'affaires enregistre une baisse. Selon Fred Kindle, les ventes de Sulzer Chemtech devraient toutefois rester stables sur l'ensemble de l'année.

Quoi qu'il en soit, «la marche des affaires sur les six premiers mois a été positive et va dans la bonne direction», affirme Ueli Roost. Les restructurations annoncées l'an dernier devraient en tout cas permettre d'économiser cette année une trentaine de millions de francs. A fin juillet, plus de deux tiers des 1900 suppressions d'emplois annoncées avaient été réalisées. Dans ces conditions, Ueli Roost estime que sur l'ensemble de l'année, le bénéfice devrait progresser.