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En Suisse, plus de 25 000 PME comptent entre 20 et 199 employés: c’est la taille typique d’une entreprise cible d’un «search fund».
© John Minchillo / AP

Transmission d’entreprises

Les «search funds» offrent une alternative pour les PME

Ces véhicules ont un fonctionnement proche des fonds de «private equity» classiques et se positionnent sur les entreprises à la recherche de repreneurs

Dans un monde ou les start-up sont devenues omniprésentes, une nouvelle classe d’actifs émerge, présentant une opportunité intéressante tant pour les investisseurs que pour les entrepreneurs: les fonds de recherches d’investissement ou search funds.

Cette forme d’investissement alternatif s’articule en deux temps. Au départ, l’animateur du search fund rassemble un consortium d’investisseurs convaincus de le suivre dans la recherche et l’éventuel achat d’une entreprise. Les investisseurs prennent à leur charge le financement de la recherche pour une durée limitée. Lorsque la cible a été identifiée et la négociation est proche d’aboutir, l’animateur fait un appel de fonds auprès de son pool d’investisseurs. Une fois l’acquisition finalisée, les animateurs du search fund ont quelques années pour faire monter l’entreprise en puissance dans le but de la revendre à un multiple de son prix d’achat.

Accessible aux investisseurs privés

Les entreprises cibles sont typiquement des PME établies, ayant plusieurs années d’existence et un chiffre d’affaires récurrent, opérant la plupart du temps dans des industries peu cycliques. Par rapport à une start-up, une PME offre une visibilité dans tous ses aspects: produit, valeur ajoutée, bilan, cash-flow etc. Par rapport au private equity, un search fund nécessite une mise de départ moins importante (quelques centaines de milliers de dollars), ce qui peut se révéler attractif pour des investisseurs individuels.

Pour de jeunes entrepreneurs, le search fund offre un choix de carrière légitime. Aux Etats-Unis, où le modèle est de plus en plus populaire (on y compte 258 de ces véhicules contre 45 dans le reste du monde, dont une dizaine en Europe), la moyenne d’âge des entrepreneurs actifs dans un search fund est de 32 ans. Les opérateurs sont typiquement des jeunes titulaires d’un diplôme postgrade et les statistiques démontrent que 73% d’entre eux finissent par acquérir une entreprise.

Les chiffres disponibles aux Etats-Unis illustrent des retours sur investissement impressionnants – en moyenne un rendement (ROI) de 8,4 fois et un taux de rendement interne (IRR) de 37%. Dans le reste du monde, où les données sont plus rares, les rendements sont similaires. Ces retours sont encore plus attrayants lorsqu’on les compare au venture capital: le premier quartile de fonds VC en Europe ont généré une IRR de 19% entre 1980 et 2013.

Jusqu’à 200 employés, la taille idéale

Pour les propriétaires de PME, le search fund offre un modèle alternatif de transmission de leur outil tangible leur permettant de monétiser leur effort et d’envisager la transition à une nouvelle génération. En Suisse, 25 860 PME comptent entre 20 et 199 employés: c’est la taille typique d’une entreprise cible d’un search fund.

Selon une étude publiée par Credit Suisse et l’Université de Saint-Gall, plus de la moitié des entrepreneurs en Suisse sont âgés de 50 à 65 ans. Ce phénomène va sans doute accélérer la demande de solutions dans la succession des entreprises dans notre pays. Le search fund gagnerait à être connu en tant qu’alternative à la transition générationnelle des PME suisses et par les investisseurs institutionnels et jeunes entrepreneurs à la recherche d’une meilleure récompense au risque.

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