Start-up

SEBA veut obtenir la première licence bancaire «crypto»

Ce serait une première mondiale. L’ancien chef des devises d’UBS et administrateur du groupe Julius Baer, Andreas Amschwand, et un ancien directeur de la Finma visent une licence dans moins d’un an. Ils ont déjà récolté 100 millions

A l’inverse des autres start-up du monde de la blockchain qui se positionnent avec un statut d’intermédiaire financier et offrent un service financier particulier, SEBA Crypto, à Zoug, cherche d’abord à obtenir une licence bancaire, ainsi qu’il ressort d’un communiqué publié jeudi. «Ce serait une première non seulement en Suisse, mais dans le monde», indique le porte-parole.

Une sécurité «militaire»

Les initiateurs ont l’ambition d’offrir toute la palette de services d’une banque, le capital, la technologie et la gouvernance, et surtout un «niveau de sécurité militaire», pour reprendre le terme du communiqué.

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Afin de créer le pont qu’elle ambitionne de construire entre la finance traditionnelle et la cryptofinance, SEBA Crypto emploie déjà 20 collaborateurs. Elle ambitionne de porter les effectifs à 55 à la fin de 2019.

Le défi n’est pas mince puisqu’il s’agit de connaître le client final (KYC) ou de satisfaire entièrement à la loi sur le blanchiment d’argent, dans des domaines où, à l’image du bitcoin, l’anonymat est de rigueur.

La société a déjà réuni 100 millions de francs en trois mois de la part d’investisseurs institutionnels et espère obtenir le sésame que représente la licence de la part de la Finma durant l’été 2019, précise le porte-parole.

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Parmi les investisseurs, on note la présence de Guy Schwarzenbach, patron de Black River Asset Management et fils de l’ancien responsable des devises d’UBS, Jack Chung, directeur de Summer Capital et qui déclare que SEBA Crypto cherche par son investissement à renforcer les liens entre la Suisse et l’Asie.

Des anciens d’UBS, de la Finma, de Credit Suisse

Les personnalités qui mènent le projet sont très connues. Le président désigné du conseil d’administration est Andreas Amschwand, ancien chef des devises d’UBS et administrateur démissionnaire de Julius Baer. Les autres administrateurs de la start-up sont, selon le site spécialisé Finews: Urs Zulauf, un ancien directeur de la Finma, l’investisseur Sebastian Mérillat, et Reto Kunz, ancien chef du contrôle des risques à la BSI.

Le président de la direction est Guido Bühler, également un ancien d’UBS et fondateur de B&B Analytics. La direction comprend Urs Bernegger, un ancien de la première banque du pays et de Vontobel, Philipp Baretta, de B&B Analytics et auparavant de Credit Suisse et Citigroup, Guido Rudolphi, responsabilité de la sécurité et ancien d’UBS, Thomas Nietlispach, chef de projet et ex-UBS.

SEBA Crypto entend offrir aussi bien des services bancaires pour les entreprises de la cryptofinance que la gestion d’actifs, des fonds de placement, la tenue de compte (custody), le négoce et le financement de transactions (corporate finance). Il est également prévu de mener des levées de fonds par l’émission d’actifs numériques (ICO).

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