Le recul devrait se poursuivre l’an prochain, a indiqué le SECO mercredi dans un communiqué. En dépit d’une lente amorce de reprise, les experts de la Confédération prévoient pour 2010 un repli de 0,4% du PIB. Il y a trois mois, ils espéraient encore une croissance de 0,1%.

Ses estimations sont dans la ligne de celles des autres instituts conjoncturels. La Banque nationale suisse s’attend ainsi à une contraction du PIB de 2,5 à 3% cette année. Il faut remonter aux années 1970 pour retrouver des taux aussi mauvais, comme en 1975, où le PIB avait chuté de 6,7%.

La récession s’est accentuée depuis le début de l’année, et est ainsi plus profonde que supposé initialement, explique le SECO. Le repli de l’activité économique va se poursuivre dans les prochains mois. Après le secteur financier et l’industrie d’exportation, ce sont les secteurs axés sur l’économie intérieure, comme le commerce de détail ou la consommation privée, qui seront touchés.

Dans ce contexte, la situation sur le marché du travail va continuer de fortement se dégrader d’ici la fin de l’année 2010. Le SECO table sur un taux de chômage en moyenne annuelle de 3,8% en 2009 et de 5,5% en 2010. En mai, celui-ci s’affichait à 3,4%.

Le repli de la consommation des ménages devrait se poursuivre sous l’effet de l’augmentation du chômage. Après une chute de plus de 10% en 2009, les exportations devraient en revanche progresser légèrement en 2010. Elles soutiendront la timide reprise de la conjoncture.

Les services de Doris Leuthard ont en outre revu leurs prévisions d’inflation. Ils tablent sur une déflation de 0,5% en 2009. Pour 2010, ils attendent une hausse de 0,9% du niveau des prix.

Quelques éléments viennent toutefois tempérer ce tableau très sombre. L’incertitude sur l’ampleur de la crise s’est quelque peu atténuée. Le risque de voir la profondeur de la récession s’accentuer davantage dans le monde est aujourd’hui moins élevé qu’au printemps.

Plusieurs indicateurs internationaux relèvent un ralentissement des tendances récessives. Les perspectives concernant la marche des affaires des entreprises se sont légèrement améliorées à bas niveau dans de nombreux pays.

Selon le SECO, la croissance aux Etats-Unis et dans l’Union européenne ne devrait reprendre que mollement d’ici à fin 2010. Les experts de la Confédération y prévoient une croissance quasi nulle l’an prochain.

Autre élément positif: la situation sur les marchés financiers s’est beaucoup détendue depuis avril dernier. Les mesures de stabilisation engagées ont conduit à une baisse des primes de risque dans divers segments du marché. Les incertitudes quant à la vigueur de la reprise escomptée l’année prochaine restent importantes, concède toutefois le SECO.