Le secteur automobile européen rebondit

Voitures Les constructeurs augmentent leurs dépenses, alors quele marché européen se redresse

Le Mondial de l’autode Paris présente80 nouveautés

Les ventes de voitures neuves se sont encore améliorées dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest en septembre, confirmant les prévisions qui font de l’année 2014 la première positive dans ce secteur depuis 2007. Ce revirement du marché se produit alors que la plupart des constructeurs ont nettement augmenté leurs investissements pour lancer de nouveaux modèles et faire progresser leur budget de recherche et développement (R&D).

Une analyse de Standard & Poor’s (S&P), notamment présentée à l’occasion du Mondial de l’automobile de Paris qui s’ouvre ce samedi, constate que le marché de l’Europe occidentale a atteint son plus bas niveau en 2013. 12,9 millions de voitures neuves ont été vendues, en fort recul de 22% comparé au pic de 2007. Cette année devrait marquer une reprise, avec 13,5 millions, sur la base d’une solide tendance à la hausse qui permettra de franchir la barre des 15 millions de véhicules en 2017.

Il y a un an et demi, les constructeurs pouvaient encore compter sur la croissance des marchés de l’Est européen pour compenser en partie la forte chute des ventes dans le sud de l’Europe. Le phénomène s’est inversé, en particulier en Russie et en Turquie, qui faisaient figure de l’eldorado de l’automobile sur le continent. A la fin du premier semestre 2014, le recul des ventes, sur un an, s’élevait à 11,8% en Russie, à 21,5% en Turquie, et à 51% en Ukraine. Pour l’ensemble de la région, la baisse se monte à 10%.

Les pays du sud de l’Europe, qui ont été fortement touchés par la crise économique, redressent par contre la tête. Les ventes de voitures ont, par exemple, bondi de 26,2% en Espagne en septembre, poussées par une prime à la casse. Elles ont progressé de 3,27% en Italie, et de 6,3% en France. Les constructeurs, bien qu’ils misent aussi sur la Chine (25% du volume mondial de véhicules neufs) et les marchés émergents (55% des 86 millions de voitures vendues en 2013), pensent à nouveau pouvoir séduire les acheteurs européens.

Le Mondial de l’automobile de Paris, qui ouvre ses portes ce samedi pour 15 jours, présente quelque 80 nouveautés, parmi lesquelles une Renault Espace transformée en crossover, dont la console s’inspire de l’aviation, et de nouvelles déclinaisons de la Fiat 500 (4x4 urbain), de la Mini (5 portes), et du monospace Ford S-Max. L’extension de la gamme des moteurs hybrides, notamment chez Toyota, et une tentative de Renault de rivaliser avec Volkswagen dans la course à la future voiture de série consommant un litre aux 100 km, illustrent aussi vers quoi se tournent les constructeurs pour anticiper la demande.

L’heure est d’ailleurs à la croissance des investissements, y compris ceux consacrés à la R&D. Depuis 2010, la part moyenne des recettes des constructeurs européens consacrée à construire l’avenir a nettement augmenté. Elle est passée de 10% à plus de 12%, selon une récente analyse de S&P. «Nous attendons la poursuite de cette tendance ces prochaines années, avec une augmentation annuelle de 3% en 2015», précisent les auteurs de l’étude. Entre 2006 et 2013, la croissance des investissements des constructeurs européens a atteint en moyenne 5% par an, alors que les recettes globales ont progressé de 2,5 à 3%.

Le groupe Volkswagen occupe la première place, avec près de 23 milliards d’euros en 2013, soit la moitié du budget total des constructeurs européens. En pourcentage du chiffre d’affaires, Aston Martin vient en tête (22%), suivi de BMW avec 19%. Renault consacre 10%, et Peugeot 7%.

Le groupe Volkswagen s’attribue la partdu lion des dépenses de rechercheet développement