La promesse était ferme. Starbucks a annoncé mardi vouloir embaucher 2500 réfugiés en Europe d’ici à 2022. Ce vaste plan implique le recrutement de 10 000 personnes qui ont fui leurs pays à travers le monde. La chaîne de cafés américaine a pris cette décision en janvier, peu de temps après le décret anti-immigration, toujours bloqué, de Donald Trump. Le président-directeur-général du groupe, Howard Schultz, avait envoyé un courrier à ses employés pour faire part de son inquiétude.

Dans cette opération, rien n’est laissé au hasard. Le nouvel engagement de Starbucks est intervenu à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. Cela «montre que des entreprises comme les nôtres peuvent utiliser leur taille pour avoir un impact positif sur la vie des gens», a affirmé Martin Brok, président de Starbucks Europe, Afrique et Moyen-Orient, dans un communiqué.

Des recrutements en Suisse

Huit pays européens sont concernés par cette initiative: l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suisse. Le recrutement a débuté en Suisse mais il est «trop tôt» pour donner des chiffres, indique le service de presse. En Europe, les nouvelles recrues représenteront environ 8% des effectifs actuels de 30 000 personnes.

Ce plan n’est pas un acte isolé. Adecco, le numéro un mondial du travail temporaire, a reçu des mandats en Allemagne et en France notamment. Le patron, Alain Dehaze, a confirmé au Matin Dimanche que son groupe est chargé de réaliser la première inscription du migrant à son arrivée dans le pays. Dans d’autres pays, le spécialiste du recrutement réalise des bilans de compétences. «Evidemment, il faut que tous les acteurs, les gouvernements et les entreprises, soient alignés. Souvent, de telles initiatives exigent en effet des changements législatifs pour réduire les délais qui autorisent un migrant ou un réfugié à travailler», souligne Alain Dehaze.

«Des gens étonnants»

En 2016, au Forum économique de Davos, de grands patrons avaient déjà appelé les entreprises à employer des réfugiés. «Les centres de réfugiés sont des lieux improductifs. La société ne bénéficie pas de ces gens étonnants qui ont survécu à des atrocités. Leur mise à l’écart les déconnecte et peut engendrer des troubles. Ils sont ici; le mieux que l’on puisse faire est de les mettre au travail», affirmait Hamdi Ulukaya, directeur général de Chobani, au magazine Bilan. Le leader américain du yaourt grec indiquait alors employer 30% de réfugiés dans ses usines.

Un moyen de recruter une main-d’œuvre bon marché? Une hypothèse balayée par le chef d’entreprise: «Ce n’est pas de l’emploi bon marché. Vous investissez en formation, mais vous obtenez des collaborateurs dévoués et reconnaissants à vie.»