Industrie

Le secteur sidérurgique allemand traverse une période de turbulences

Le ministre-président de la Sarre appelle les autorités fédérales à soutenir le secteur. La sidérurgie doit faire face à de nombreux défis, notamment la mise à niveau en matière environnementale

Tobias Hans a tiré la sonnette d’alarme vendredi. Dans une lettre adressée à la chancelière Angela Merkel, le ministre-président de la Sarre implore le gouvernement fédéral de «soutenir l’industrie sidérurgique» afin que «la production d’acier propre et innovant made in Germany soit maintenue». «Nous devons éviter que la production migre vers d’autres pays moins respectueux de l’environnement et des normes sociales», a-t-il averti dans ce courrier publié le 4 octobre par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. «Si nous dépensons 40 milliards d’euros pour éliminer le charbon de notre production d’électricité, pour des raisons environnementales, nous devons être en mesure de collecter quelques milliards d’euros, sans aller jusqu’à la dizaine, pour conduire notre industrie sidérurgique vers la neutralité carbone», a-t-il ajouté à ce même quotidien.

Fin septembre, Saarstahl et Dillinger Hütte, les deux entreprises sidérurgiques de la Sarre, région frontalière avec la France, ont présenté un programme dit d’avenir, destiné à économiser jusqu’à 250 millions d’euros par an. Les deux groupes prévoient de supprimer 1500 postes dans les trois années à venir et d’en externaliser un millier d’autres. Début septembre, Saarstahl avait déjà introduit des mesures de chômage partiel face au ralentissement du marché. Ces annonces ont créé un choc dans la Sarre où sont embauchés 10 000 des 14 000 salariés de ces deux entreprises. Plusieurs manifestations ont depuis été organisées devant les sites de production.