L’importance croissante des considérations environnementales ne peut pas être exagérée, écrivent Emanuel et Yochanan Shachmurove, de l’Université de Pennsylvanie dans une étude sur les technologies environnementales. L’appel à la responsabilité et à la prudence n’est pourtant pas majoritaire dans le système économique actuel, alors même que le changement climatique affecte de plus en plus fortement l’économie et notamment les plus défavorisés. Selon l’IPCC, en 2020, 400 millions d’Africains seront sévèrement touchés par les effets du réchauffement climatique.

Dans ce contexte, les gouvernements offrent un soutien particulièrement appuyé aux technologies favorables à l’environnement. D’après les spécialistes, les technologies vertes («clean-tech») sont pénalisées par une hausse des prix du pétrole, les difficultés du marché des crédits et la récession. Mais il manquait des études académiques fouillées sur l’impact des grandes variables macro-économiques sur ce secteur. La première analyse est venue de Burtis en 2004, et portait sur le centre de compétence (cluster) qu’est la Californie et les causes d’échec et de succès dans les technologies vertes.

Emanuel et Yochanan Shachmurove font le pas, en utilisant des statistiques américaines récentes puisque couvrant la période de 1995 à 2009. La perspective est donc relativement à long terme. Pourtant le véritable envol de cette industrie est relativement récent et date du début 2006. C’est d’ailleurs pourquoi l’évolution de la «clean-tech» n’est pas identique à l’ensemble de l’industrie du capital-risque. Alors que le capital-risque a plongé en 2008, la «clean-tech» a poursuivi sa progression encore plusieurs trimestres, avant de baisser finalement en 2009 lorsque la crise a temporairement arrêté les activités de financement d’entreprises.

Les auteurs se penchent sur un autre thème original, la localisation des technologies vertes. La recherche économique se nourrit dans ce cas des travaux du prix Nobel 2008 Paul Krugman et l’émergence d’une «nouvelle géographie économique».

Les résultats de l’étude montrent une assez stable évolution de la clean-tech entre 1995 et 2005, puis une accélération des investissements et transactions, ainsi qu’une forte divergence entre les régions, au profit de la Californie. L’investissement vert est négativement corrélé à l’évolution des taux d’intérêt. Cela signifie que plus les taux montent et plus l’investissement vert diminue. Il est positivement corrélé avec le PIB réel. Etrangement, il est négativement corrélé avec l’indice de confiance des consommateurs. Plus logiquement, il est positivement lié à l’industrie du capital-risque.

Si l’on entre dans les détails, les auteurs sont surpris de voir que l’industrie verte est négativement corrélée avec les taux d’intérêt sans égard à l’échéance. En effet, l’industrie du capital-risque est généralement positivement corrélée avec les taux d’intérêt à trois ans.