Technologie

Securaxis veut remplacer les caméras de surveillance par des capteurs sonores

La start-up genevoise créée il y a trois ans a reçu lundi un prix du centre d’incubation du CERN

Et si les caméras de surveillance étaient remplacées par… des capteurs sonores? C’est l’idée de Securaxis, société spécialisée dans la sécurité. Basée à Genève, elle a reçu lundi un prix de 50 000 francs décerné par le centre suisse d’incubation d’entreprises du CERN. Cette récompense doit permettre à la société, créée il y a trois ans, de collaborer avec la Haute Ecole spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, l’Institut Paul Scherrer et son accélérateur de start-up Park Innovaare.

Les capteurs sont capables de détecter et localiser des événements à haute énergie sonore comme des collisions de véhicules, des explosions ou des coups de feu avec une grande précision

Glenn Meleder, directeur de Securaxis

A première vue, utiliser ainsi des capteurs sonores semble étonnant. «Mais les caméras ont leurs limites, elles ne parviennent en moyenne à détecter des incidents que dans 80% des cas, assure Glenn Meleder, directeur de Securaxis. De plus, on ressent une certaine méfiance de la part des citoyens par rapport à l’omniprésence de caméras qui sont perçues comme trop intrusives.» La société a développé un petit boîtier à installer dans les villes. «Les capteurs sont capables de détecter et localiser des événements à haute énergie sonore comme des collisions de véhicules, des explosions ou des coups de feu avec une grande précision, poursuit le responsable. L’idée serait d’installer ces boîtiers dans les villes pour en accroître la sécurité.»

Collaboration avec le CERN

Securaxis pourrait ainsi collaborer avec le CERN, qui mettrait à disposition de la société ses compétences en machine learning pour améliorer l’analyse des incidents et leur qualification. «Notre objectif sera d’utiliser leur technologie d’acquisition de données et de la commercialiser pour des applications de sécurité. Le CERN cherche de plus en plus à effectuer des transferts de technologie et ce partenariat peut être prometteur», affirme Glenn Meleder. Securaxis a un projet de test dans trois endroits à Genève et possède deux autres projets liés à des smart cities en discussion à l’international.

Avec ce projet, Securaxis s’avance sur un nouveau marché, sensiblement différent de celui sur lequel elle a démarré ses activités. Jusqu’à présent, la société – comptant six employés et ne donnant pas de chiffre sur la marche de ses affaires – s’était spécialisée dans la détection d’incidents à l’étranger. Cet été, le Touring Club Suisse (TCS) a annoncé l’intégration de sa solution au sein de son application pour smartphone Travel Safety.

Accélérer les rapatriements

Le concept: lorsque les membres du TCS se trouvent dans une zone où survient une catastrophe (incendie, attaque terroriste, tremblement de terre, etc.), ils reçoivent immédiatement une notification. «Cela a par exemple été très utile lors d’un récent tremblement de terre à Bali. Non seulement les touristes ont reçu immédiatement des informations, mais aussi le TCS. L’association a su tout de suite quels membres se situaient dans la zone, ce qui accélère considérablement les opérations éventuelles de rapatriement», indique Glenn Meleder.

Aujourd’hui, environ 15 000 des quelque 1,8 million de membres du TCS ont décidé d’activer cette option au sein de l’application. Ce service se met en marche dès qu’ils sortent de Suisse et leur localisation s’actualise toutes les quatre heures. Securaxis veut proposer cette fonction à d’autres associations semblables au TCS, voire à des multinationales, tout en poursuivant le développement de son système de micros «intelligents».

Lire aussi l'opinion: Pouvoirs publics, incubateurs et innovation: Genève monte en puissance

Publicité