Prêts

Seedz, l’organisation qui veut développer la microfinance en Suisse

Presque tous les fonds levés dans le pays se dirigent vers des projets entrepreneuriaux à l’étranger. Une équipe de cinq entrepreneurs veut corriger cela

C’est une réunion financière où les cravates sont rares. Et où les raisons d’être satisfait sont nombreuses. La Swiss Microfinance Platform, organisée jeudi après-midi à Genève a permis à l’un de ses orateurs, l’expert africain René Azokli, de se réjouir: «En dix ans, la microfinance a prouvé son efficacité dans l’aide au développement. Elle est implantée dans presque tous les pays. Même en Suisse».

En Suisse? Une fondation Lausannoise, Microcrédit Solidaire Suisse, accorde des prêts depuis 1998. Ils se sont montés à 300’000 francs en 2013, alloués à 22 projets. «C’est très peu, en tout cas nettement en-dessous des besoins réels», a affirmé François Deswarte. Face à un public de professionnels d’une soixantaine de personnes, l’impeccable banquier a lancé sa proposition: créer une nouvelle fondation qui accorde des microcrédits à des personnes installées dans le pays, porteuses d’un projet entrepreneurial et qui ne parviennent pas à trouver un financement par les voies traditionnelles.

Le projet porte un nom: Seedz, tiré du mot anglais pour «graines». Il prévoit d’allouer des prêts de 30’000 francs au maximum à des personnes sans emploi ou insatisfaites de leur gagne-pain cherchant à se lancer en indépendantes. Moyennant quelles garanties? «Aucune», répond François Deswarte. En revanche, le débiteur se verrait astreint au paiement d’un intérêt annuel de 6% auxquels s’ajouteraient les frais de dossier, lesquels n’ont pas encore été déterminés.

«Je dispose d’une assez longue expérience dans le domaine des crédits pour mesurer assez précisément la validité d’un projet et de son promoteur», poursuit le banquier. Dans la finance depuis une vingtaine d’années, dont plus de dix à octroyer des crédits à une clientèle de banque privée, l’employé de Barclays se sent sûr.

De plus, il est entouré de quatre professionnels aguerris des crédits et de l’entreprise: Christian Donzé, membre de la direction générale à la Banque cantonale du Valais, Bernd Balkenhol, professeur de microfinance à l’Université de Genève, la consultante internationale en microfinance Pete Sparenboom et Sarah Dussex, entrepreneuse et compagne du navigateur Ivan Ravussin. Le quintette affine son projet depuis deux ans. Et s’il en a fixé le concept détaillé, il bute sur le financement.

«Nous cherchons 500’000 francs pour démarrer. Ce n’est pas la lune, mais nous sommes surpris de la difficulté à les obtenir», poursuit François Dewarte. Le groupe s’est heurté au refus des banques. Sur la trentaine de fondations d’aide sollicitées, une dizaine a déjà répondu par la négative. «Notre espoir secret est d’obtenir l’appui d’un sponsor», conclut le promoteur. Le quintette espère faire démarrer Seedz à Genève au second semestre 2016 avec une personne salariée.

Mais qu’est-ce qui pousse des financiers et entrepreneurs à s’engager dans pareille aventure? Réponse du promoteur de Seedz «J’accorde des crédits à des personnes fortunées depuis des années. Je souhaite en donner aussi à des personnes pauvres».

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