Fritz Zurbrügg, vice-président de la direction générale de la Banque nationale suisse, a présenté mardi matin le nouveau billet de 1000 francs à la presse, à Zurich. La neuvième série de billets a pour thème «La Suisse aux multiples facettes». En l’occurrence, la nouvelle coupure de 1000 francs, qui sera disponible dès le 13 mars, évoque le goût de la communication cultivé en Suisse.

La main et le globe sont les motifs dominants que l’on retrouve sur chaque coupure de la nouvelle série. Mais le format change. Le nouveau billet de 1000 francs est plus petit, donc plus pratique. Des éléments de sécurité complexes et un graphisme sophistiqué se combinent pour accroître le degré de protection, selon la BNS. D’après un expert, le degré de falsification est très bas en Suisse, mais il est plus élevé pour les billets de 50 et de 100 francs que pour les grosses coupures.

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L’institut d’émission constate que les grosses coupures sont appréciées en Suisse «pour des achats occasionnels et comme moyens de paiement ainsi qu’à des fins de préservation du capital». La Suisse se distingue ici des autres pays européens. Fritz Zurbrügg parle de «spécificités culturelles propres aux pays germaniques». Mais la BNS elle-même n’a «aucune préférence pour le cash. Elle entend simplement garantir la liberté de choix.»

Il n’y a «aucune indication» d’évitement fiscal

Face aux critiques d’utilisation criminelle et d’évasion fiscale, Fritz Zurbrügg répond n’avoir «aucune indication selon laquelle le billet de 1000 francs serait utilisé à des fins criminelles».

En général, la demande de grosses coupures s’accroît en fin d’année. Certains y voient une volonté de réduire la fortune déclarée, donc le fardeau fiscal. Sur ce point aussi, la BNS rejette cette interprétation et considère cette augmentation saisonnière de la demande comme un besoin lié aux achats de Noël et aux dons. «Si cela devait répondre à une stratégie d’évitement fiscal, il appartiendrait aux autorités politiques d’y faire face», déclare Fritz Zurbrügg.

La BNS ne considère pas l’augmentation de la demande de billets de 1000 francs comme une réponse à l’introduction des taux négatifs, mais plutôt comme un objectif de préservation du capital de l’épargnant lié à l’incertitude générale depuis la crise de 2008.

Il ne reste qu’une pièce à l’édifice de la nouvelle série de billets, le billet de 100 francs. La présentation de ce dernier est prévue le 3 septembre prochain.