Innovation

Selon le CSEM, l’industrie 4.0 est une aubaine pour la Suisse

Le Centre suisse d’électronique et de microtechnique a organisé son deuxième «Business Day» mercredi à Zurich. L’occasion pour son directeur de souligner les atouts des entreprises helvétiques en vue de la quatrième révolution industrielle

Pour sa seconde édition, la journée des affaires («Business Day») organisée par le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) de Neuchâtel a réuni quelque 200 participants mercredi à Zurich. L’occasion pour son directeur Mario El-Khoury de souligner que la Suisse a d’excellents atouts à faire valoir dans le cadre de la quatrième révolution industrielle et de plaider en faveur d’un maintien des activités de production en Suisse.

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A la question incontournable de savoir si les développements en cours regroupés sous le terme d’«industrie 4.0» auront un effet favorable ou défavorable sur l’emploi, le directeur du CSEM estime que la Suisse dispose d’excellentes cartes à faire valoir dans ce domaine. «L’industrie 4.0 est une aubaine pour la Suisse», n’hésite-t-il pas à affirmer en marge de l’événement. Cela pour deux raisons: d’une part, car compte tenu de la faible part de main d’oeuvre requise par l’industrie, un pays comme la Suisse peut être tout à fait compétitif face à la concurrence étrangère.

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D’autre part, en raison de la sophistication des techniques et compétences requises dans ce domaine. «Les techniques élaborées par l’industrie 4.0 requièrent un personnel extrêmement qualifié. Avec son système de formation duale et la qualité de ses hautes écoles, la Suisse est très bien placée», juge-t-il. «L’Allemagne a préparé une stratégie pour l’industrie 4.0 mais celle-ci est faite sur mesure pour la Suisse», ajoute-t-il.

Le maintien de la production en Suisse est essentiel

Selon le directeur du CSEM, les entreprises helvétiques doivent mettre à profit les améliorations rendues possibles grâce à l’industrie 4.0 pour garder des activités de production en Suisse. «Nous devons maintenir une forte activité de production en Suisse. L’idée que les entreprises peuvent délocaliser la production à l’étranger et se concentrer seulement sur la recherche et le développement dans notre pays est complètement fausse», estime le spécialiste.

L’amélioration des processus de production est essentielle pour préserver la compétitivité des entreprises suisses.

Le réel et le virtuel sont désormais interconnectés

Reste à savoir comment les techniques associées à l’industrie 4.0 peuvent être exploitées et appliquées par les entreprises. Pour Andreas Kunz, chercheur au centre d’innovation pour la réalité virtuelle à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), la particularité de l’industrie 4.0 est de permettre aux espaces du réel et du virtuel – autrefois entièrement séparés – d’être désormais interconnectés.

Un exemple d’application de cette approche est le domaine dit de la maintenance prédictive. Une entreprise disposant de plusieurs machines réparties à travers l’ensemble du globe peut contrôler l’évolution de celles-ci – en anticipant par exemple le risque de survenance d’une panne – en analysant les données à distance de manière virtuelle, explique de son côté Philipp Schmid, responsable de la robotique et de l’automation au CSEM. Grâce aux techniques mises en place par l’industrie 4.0, il est possible de réduire les coûts d’entretien dans une proportion de 30 à 40%, illustre l’institut.

Au final, estime Andreas Kunz, l’enjeu pour les entreprises helvétiques sera avant tout de pouvoir adapter les concepts de l’industrie 4.0 aux spécificités de l’industrie manufacturière existante en Suisse, notamment dans des domaines comme les techniques de précision, la miniaturisation ou les produits à haute valeur ajoutée.

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