FORTUNES

Selon «Forbes», la famille Landolt est la plus riche de Suisse

Le nombre de milliardaires helvétiques est passé de treize à neuf en 2002

Le traditionnel classement Forbes des plus grosses fortunes mondiales est tombé vendredi. A ce championnat global du capitalisme, la Suisse a perdu quelques plumes. Ainsi, elle ne compte aujourd'hui plus que neuf milliardaires en dollars, contre treize l'an dernier. C'est Pierre Landolt, président de la Fondation Sandoz, et sa famille qui occupent le haut du pavé des Helvètes les mieux lotis. Leur fortune s'élève, selon le magazine américain, à 5 milliards de dollars (6,8 milliards de francs). Elle a connu une légère augmentation par rapport aux estimations de février 2002, qui évaluait cette dernière à 4,8 milliards de dollars.

Le patrimoine financier de la Fondation de famille Sandoz semble donc avoir été géré avec intelligence dans les conditions économiques difficiles que l'on a connues l'année dernière. Créée en 1964 pour gérer l'héritage d'Edouard Constant, fondateur du groupe chimique Sandoz, dont Pierre Landolt est l'arrière- petit-fils, la fondation a procédé à des investissements dans des secteurs aussi variés que l'industrie pharmaceutique et agroalimentaire (Novartis, née de la fusion entre Sandoz et Ciba), les services financiers (Sandoz FF Holding Bancaire et Financière, Citco Group), l'hôtellerie (Beau-Rivage Palace Lausanne, Riffelalp Zermatt), l'horlogerie (Parmigiani) et les télécommunications (Tiscali).

Désengagement de Novartis

Cette année, la Fondation Sandoz s'est distinguée par la vente début février de 23 millions de titres Novartis. Par le biais de sa société Emasan, elle détient toujours 3,1% de la multinationale bâloise. L'implication accrue de la fondation dans les milieux économiques date de 1994. A cette époque, elle réalisait sa première grosse opération en faisant l'acquisition de la totalité du capital de la Banque Edouard Constant.

André Kudelski rayé de la liste

Aux côtés de Pierre Landolt, huit autres Suisses figurent dans le classement de Forbes. Derrière le Bâlois, on trouve Ernesto Bertarelli, dont la fortune a diminué de 40% et qui se monte à 4,7 milliards de dollars (6,4 milliards de francs). Les autres Helvètes classés sont Sergio Mantegazza, Walter Haefner, Stephan Schmidheiny, Thomas Schmideiny, Nicolas Hayek, et Willy et Isolde Liebherr. Par contre, Martin Ebner, Georg Thyssen-Bornemisza, Klaus Jacobs et André Kudelski ont été évincés de la liste.

A l'image de la tendance décrite en Suisse, le classement mondial de Forbes a vu ses effectifs diminuer de 543 milliardaires en dollars à 476. Bill Gates conserve sa place de numéro un avec 41 milliards de dollars. Au même moment, selon l'ouvrage de Paul Dembinski, Globalisation économique et financière: ce que disent les chiffres, les inégalités entre les membres de l'OCDE et les pays en voie de développement continuent de se creuser. De quoi relativiser les problèmes des exclus du classement du célèbre magazine.

Publicité