Technologie

Selon Google, l’intelligence artificielle résoudra les problèmes de l’humanité

Jeff Dean, responsable de l’intelligence artificielle au sein de la multinationale, a livré lundi à Lausanne un plaidoyer en faveur de cette technologie

Et si l’intelligence artificielle (IA) permettait d’aider l’humanité à résoudre les principaux défis auxquels elle est confrontée? Pour Google, la question ne se pose même pas. C’est une certitude. C’est le message qu’a voulu faire passer lundi Jeff Dean, responsable de l’IA au sein de la multinationale américaine. De passage à Lausanne lors des Applied Machine Learning Days – quatre jours de conférences sur l’IA à l’EPFL –, l’homme a partagé sa vision optimiste de la technologie devant plusieurs centaines de personnes.

Pour Jeff Dean, les progrès de ces derniers mois ont été fulgurants. «En 2008, nous commencions à entraîner des réseaux de neurones artificiels, mais nous n’avions pas assez de puissance de calcul pour parvenir à de bons résultats. Aujourd’hui, les ordinateurs nous permettent d’aller très loin.» Ceux-ci apprennent vite. Après avoir analysé des millions d’images, ils peuvent affirmer qu’un singe se trouve sur une image et dire son espèce précise. «Il y a trois ou quatre ans, je pensais qu’un système informatique ne pouvait pas décrire une image, continue Jeff Dean. Aujourd’hui, il peut dire «c’est un train jaune et bleu circulant sur des rails» en regardant une image. Désormais, les ordinateurs voient. Et cela offre des possibilités incroyables.»

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Quatorze défis

En 2008, rappelle Jeff Dean, l’Académie nationale d’ingénierie des Etats-Unis, basée à Washington, lançait 14 défis pour le XXIe siècle: améliorer l’infrastructure urbaine, rendre l’énergie solaire mais aussi l’eau potable accessibles à tous, créer des médicaments plus efficaces ou encore comprendre comment fonctionne le cerveau. Pour le premier défi, Waymo, société sœur de Google spécialisée dans les voitures autonomes, est proche du but, selon Jeff Dean: «Depuis 2018, nos voitures, plus sûres que les véhicules conduits par des humains car capables de voir et d’analyser en permanence les alentours, sillonnent Phoenix et ses environs.»

Autre exemple: la santé. La rétinopathie diabétique est la première cause de cécité dans le monde. Grâce à l’analyse d’images de l’œil par l’IA, il est possible de prévenir cette maladie et même de prédire d’autres problèmes, comme les risques cardiovasculaires. «Il manque plus de 100 000 ophtalmologues en Inde. Si on utilise les machines pour analyser les images de l’œil, on améliore grandement la détection de maladies», assure Jeff Dean.

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L’importance de TensorFlow

Dans l’agriculture, l’IA est par exemple utilisée par des spécialistes en Tanzanie pour combattre plusieurs maladies du manioc. Ils scannent les images des feuilles avec leur smartphone pour détecter l’apparition d’agents pathogènes. Quel est le lien avec Google? Ce logiciel de reconnaissance d’images a été développé sur TensorFlow. Et ce dernier a été créé par… Google.

TensorFlow est un outil open source d’apprentissage automatique. Il est utilisé par des millions d’ingénieurs, qui lui font ingérer des masses colossales de données. Et Google développe même des ordinateurs spécialement optimisés pour cet outil d’IA. Lundi, Jeff Dean a ainsi appelé des ingénieurs présents dans la salle à s’inscrire pour recevoir certaines de ces machines. A une condition: de publier ensuite les résultats de leurs expériences. Pour Google, rien n’est ainsi totalement désintéressé.

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