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Semaine à haut risque pour Raoul Weil en Floride

Un témoin clé du procès de l’ex-numéro 3 d’UBS, Martin Liechti, devrait déposer en tant que témoin de l’accusation

Semaine à haut risque pour Raoul Weil en Floride

Justice Un témoin clé du procès de l’ex-numéro 3 d’UBS, Martin Liechti, s’apprête à déposer

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Semaine à haut risque pour Raoul Weil. L’ex-numéro 3 d’UBS, accusé d’avoir aidé quelque 17 000 clients américains à frauder l’Internal Revenue Service (IRS) pour une somme estimée à 20 milliards de dollars, devrait voir comparaître cette semaine l’un des témoins clés du procès devant une cour fédérale de Floride, à Fort Lauderdale: Martin Liechti, qui fut un subordonné direct de Raoul Weil. Ce dernier, ex-responsable de la gestion de fortune d’UBS pour l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, sollicité par l’accusation, doit déposer cette semaine. Arrêté par les autorités américaines et détenu pendant quatre mois en 2008, il a décidé de coopérer avec le Département de la justice, évitant ainsi des poursuites pénales.

Avant la déposition de Martin Liechti, le juge James Cohn a appelé à la barre deux témoins de l’accusation: deux clients d’UBS qui ont participé à un programme de dénonciation volontaire auprès de l’IRS, dont Juergen Homann. Ce grand industriel allemand de 72 ans a plaidé coupable en septembre 2009. Il a rappelé qu’il avait caché près de 6 millions de dollars au fisc américain détenus sur un compte d’UBS. «Avez-vous utilisé le secret bancaire suisse pour cacher de l’argent à l’IRS?» a demandé Jason Poole, l’avocat de l’accusation. «C’est correct», a-t-il répondu. Juergen Homann a tout d’abord utilisé une fondation au Liechtenstein pour cacher le nom du détenteur réel du compte, puis, à partir du mois d’août 2002, il a recouru à une société écran, Elm Finance. Cette dernière, installée à Hongkong, a été établie avec l’aide de l’avocat suisse Matthias Rickenbach, lui-même inculpé aux Etats-Unis depuis août 2009. Elle a permis à Juergen Homann de cacher son identité en tant que titulaire du compte UBS et de ne pas le déclarer au fisc américain.

Devant la cour, l’industriel allemand, qui a décidé de participer au programme de dénonciation volontaire à partir de 2009, est devenu Américain en 2007. «Pour moi, il importait de tout révéler à l’IRS», a-t-il précisé. Il a fallu plus de cinq mois à ses auditeurs pour faire un état fiscal des lieux.

En plaidant coupable, Juergen Homann a dû payer le prix fort. Sur les 6 millions de dollars dont il disposait sur son compte, il a dû payer près de 5,5 millions de pénalités, frais de procédures et autres. «De cette somme, a poursuivi l’industriel binational, il m’est resté un demi-million de dollars. Ce n’est manifestement pas une bonne affaire.»

L’avocat de Raoul Weil, Aaron Marcu, a voulu quant à lui clarifier les choses: «UBS n’avait pas l’obligation de déclarer votre compte à l’IRS. C’était à vous de le faire, n’est-ce pas?» «C’est correct», a répliqué Juergen Homann, qui estime qu’il est «le seul responsable. J’ai commis une erreur». Mais l’industriel a conclu: «L’argent que j’avais [sur ce compte] n’avait rien à voir avec les Etats-Unis», déplorant implicitement le système fiscal américain, exigeant des citoyens américains qu’ils remplissent une déclaration d’impôts américaine, quel que soit le pays où ils résident.

«De cette somme, il m’est resté un demi-million de dollars. Ce n’est manifestement pas une bonne affaire»

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