Formation

Les sept bonnes raisons de faire un MBA

Le MBA est une voie exigeante, qui demande des sacrifices en termes de vie privée et de confort financier. Ces sacrifices peuvent cependant être compensés. Analyse des avantages


 1  Acquérir une vision globale de l’entreprise et de sa stratégie

Le MBA est un diplôme généraliste axé sur la gestion. Son objectif est d’apporter une seconde compétence en management à des diplômés de l’enseignement supérieur qui souhaitent acquérir les compétences nécessaires pour diriger du personnel et se familiariser avec les réalités de l’entreprise.

En plus des compétences techniques et académiques, ils acquièrent principalement une vision à 360 degrés d’un business, comme en témoigne Charlotte Nuber, titulaire d’un MBA de la Webster University Geneva. «Ma formation m’a permis d’avoir une vision transversale des fonctions qui régissent une entreprise: comptabilité, gestion des ressources humaines, marketing, finance, ou encore logistique. Dans mon emploi actuel, mes supérieurs apprécient ma vision globale de l’entreprise et ma volonté à comprendre la situation dans son ensemble au lieu de foncer tête baissée dans mes tâches quotidiennes.»

 2  Un sésame pour une carrière à dimension internationale

Le (E)MBA (Executive Master in Business Administration) est l’un des rares diplômes reconnus au niveau international. Un individu titulaire d’un (E)MBA nord-américain ou asiatique augmentera sensiblement ses chances de trouver un poste aux Etats-Unis ou en Asie à l’issue de sa formation.

En outre, «lorsque vous préparez une présentation à Shanghai avec un participant brésilien, danois, sud-africain et arabe, vous développez une compréhension des questions liées à la multiculturalité», dit Stefan Michel, directeur du programme EMBA à l’IMD.

 3  Accroître ses revenus

Dans son dernier rapport, QS Top MBA, la société organisatrice du World MBA Tour, analysait le retour sur investissement du MBA. Il ressort de cette étude que le salaire annuel moyen pour un MBA européen est de 91 586 dollars, contre 45 500 dollars pour un niveau master. Le retour sur investissement moyen des programmes européens s’élève en outre à 670 000 euros sur dix ans et à 2,9 millions d’euros sur vingt ans. Les frais engagés dans la réalisation d’une telle formation doivent ainsi être considérés comme un investissement.

Les MOOCs, ces cours diffusés gratuitement sur Internet, constituent-ils une bonne alternative? «Les MOOCs offrent un accès bon marché à du contenu de qualité, mais ils ne permettent pas de bâtir un réseau de relations influentes», répond Ralf Boscheck, directeur du programme MBA à l’IMD. Stefan Michel rappelle par ailleurs que «le EMBA destiné aux cadres en exercice s’effectue en emploi. Il n’y a donc aucun manque à gagner.»

 4  Bâtir un réseau de relations influentes

Les formations exigeantes sont réputées ouvrir les portes d’une élite internationale, raison pour laquelle elles sont particulièrement prisées des étudiants. «Certains cadres prennent part au programme uniquement pour cette raison, assure Stefan Michel. Ils savent que leur impact en tant que leader dépend de leur capacité à entretenir un réseau professionnel puissant. Le EMBA vous connecte avec d’autres cadres qui sont potentiellement des décideurs dans leur domaine.»

A cet égard, l’action du réseau (E)MBA s’organise autour de quatre pôles principaux: les camarades de promotion, les anciens alumnis, les enseignants qui peuvent mettre en relation leurs étudiants avec des personnes de leur réseau, et les salons de l’emploi.

 5  Développer des compétences interpersonnelles

Selon un sondage mené auprès de dirigeants d’entreprises nord-américaines, les managers sont davantage renvoyés pour leur manque de compétences sociales, émotionnelles, comportementales et cognitives que pour leurs lacunes techniques ou académiques. Les entreprises estiment en effet que dans la mesure où le travail d’un manager consiste, en définitive, à faire exécuter des ordres, ses capacités en matière de leadership ou de communication conditionnent directement son efficacité. Autrement dit, de nos jours, le savoir-faire ne suffit plus. Il doit s’accompagner de savoir-être.

Pour s’acquérir, celui-ci requiert un travail d’introspection et une remise en question de ses pratiques. «Il faut avoir le courage d’explorer l’univers de son subconscient», analyse Ralf Boscheck. A cet égard, peu de managers prennent le temps d’analyser leur style de leadership. Le (E)MBA leur en donne l’occasion. Au cours de cette formation, les participants entreprennent un voyage lors duquel ils se confrontent de façon intensive à leur personnalité. Dans certaines écoles comme l’IMD, les participants ont accès à des coachings individualisés.

 6  Un accélérateur de carrière

L’archer est un modèle pour le sage. Quand il a manqué le milieu de la cible, il en cherche la cause en lui-même, disait Confucius. Appliquée au monde professionnel, cette citation invite à la réflexion, à la remise en cause, puis à l’action. Ainsi, face à une carrière qui patine, un employé peut se lamenter sur son sort ou s’interroger sur les actions à mettre en place pour augmenter son employabilité. «Certaines grandes organisations exigent un EMBA pour les postes les plus élevés de leur hiérarchie, dit Stefan Michel. Nos étudiants comprennent qu’ils ont besoin d’acquérir de nouveaux outils pour maximiser leur potentiel. La folie ne consiste-t-elle pas à toujours faire la même chose tout en attendant des résultats différents?».

Attention cependant, un (E)MBA n’est pas un sésame magique, avertit la blogueuse Mariana Zanetti. «J’ai aussi constaté tout au long de ma carrière que les «meilleurs» postes en entreprise n’étaient pas majoritairement occupés par des MBAs mais par des gens intelligents qui ont travaillé très dur et ont prouvé leur valeur sans avoir besoin des certificats en lettres bleues.» Autrement dit, un (E)MBA à lui seul ne suffit pas pour parachuter son titulaire au sein de la direction d’une entreprise. A noter enfin que le choix de l’école est fondamental. En effet, d’après une enquête publiée par le magazine BusinessWeek, le nom de l’établissement compte davantage que les connaissances acquises.

 7  Changer de secteur d’activité

Selon une étude conduite par le prestataire de services en ressources humaines Kelly Services, 40% des hommes et 49% des femmes Suisses ont déclaré qu’ils «auraient finalement préféré embrasser une autre carrière». Une personne sur cinq pense par ailleurs avoir choisi le mauvais métier. A l’issue d’un (E)MBA, certains étudiants réorientent entièrement leur carrière, d’autres se lancent dans l’aventure entrepreneuriale.


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