Un certificat fédéral de capacité (CFC) ne suffit pas à ouvrir les portes de la toute récente Haute Ecole spécialisée santé-social de Suisse romande. Michel Jordan, directeur de l'un des sites de la HES-S2, la Haute Ecole fribourgeoise de travail social, a eu quelques craintes. N'allait-on pas se couper des candidats qui ont déjà un métier et désirent s'orienter sur le social en cours d'emploi? N'allait-on pas privilégier de jeunes étudiants au détriment de candidats qui ont déjà une expérience de vie? Jean-Pierre Rageth, chargé de mission pour la mise en place de la HES, le reconnaît: la voie royale pour l'université des métiers, c'est la maturité professionnelle ou gymnasiale. Les porteurs de diplômes d'une école supérieure se verront dans certains cas demander des compléments en sciences humaines. Quant aux détenteurs de CFC et qui ont déjà un emploi, les portes ne sont pas tout à fait fermées, mais le coup de collier est garanti: il leur faudra s'acquitter de 250 heures en cours du soir pour franchir le seuil d'entrée de la HES. Soit en gros un semestre. «Pour pratiquer une profession aidante, de la bonne volonté et du cœur ne sont pas suffisants, il faut des compétences, ajoute Jean-Pierre Rageth, et la HES donne une crédibilité.»