17h50. Le cycle de Doha bouge encore

«J’ai entendu plein de fois des phrases comme «nous allons conclure le cycle dans les six mois. Mais cette fois, c’est différent.» Dominique Strauss-Kahn a exprimé sa confiance dans les déclarations qui appellent à une conclusion «rapide» du cycle de négociations commerciales de Doha. «C’est juste un sentiment, lié au ‘body language’ des deux grands acteurs lorsque nous en avons parlé», a ajouté le directeur du FMI.

Statistiquement, le mot Doha n’apparaissait que deux fois dans le communiqué de Toronto. Il est cité trois fois dans celui de Séoul. Avec une phrase: «2011 offre une occasion cruciale» pour faire progresser le cycle.

17h40. La coopération ne s’impose plus

Il vient de se tenir «le premier G20 de la deuxième phase. Pendant la première phase, en pleine crise, la coopération s’imposait, selon Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Dans la deuxième phase, dans laquelle beaucoup ont le sentiment qu’elle est derrière nous, nous passons à une coopération qui se fait sur une base volontaire.» «Nous sommes les mauvais garçons qui demandent plus de coopération. Mais le FMI n’est pas un dictateur et n’a pas de police» pour l’imposer.

17h00. Pas de liste de grandes banques

«Il n’y a jamais eu l’idée d’une liste de banques», a déclaré le président français. Nicolas Sarkozy a par ailleurs indiqué qu’il était «très réservé sur le fait que [seules] les grandes banques étaient dangereuses.» Les difficultés d’établissements de relative petite taille, comme en Espagne ou en Allemagne, ont aussi eu des effets importants, a-t-il rappelé .

16h50. Nicolas Sarkozy invite la Suisse

Lors de son point de presse, le président français a déclaré que la Suisse «en matière monétaire, ça compte. Une idée de la présidence française est que soient invités les pays qui ont des choses à dire. Il est opportun d’inviter la Suisse dans le cadre des séminaires préparatoires», sur la réforme du système monétaire international, un mandat confié à la France par le G20. «Il est pertinent et même très important que la Suisse soit invitée» aux séances de travail, a précisé le président français. Il n’a en revanche pas défendu l’idée d’une adhésion de la Suisse au G20.En novembre 2011 à Cannes, la France organisera le prochain sommet du G20, a ajouté Nicolas Sarkozy. Au printemps, un séminaire se tiendra en Chine pour travailler à la réforme du système monétaire international. 15h30. Le communiqué final Le G20 vient de publier son communiqué final. Les dirigeants des pays du G20, se disent prêts à mettre en œuvre de façon complète les nouvelles normes bancaires, dites de Bâle III, destinées à rendre les institutions financières plus résistantes. A 16h30, les chefs d’Etat et de gouvernement vont tenir, en parallèle, leur point de presse. Le Brésil, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis accueillent tout le monde. La Russie et l’Espagne préfèrent parler à leurs journalistes

14h00. Dix mots-clés du sommet du G20 Quels termes emploiera le communiqué final? Voici dix mots clés ou sujets importants que nous suivons en particulier: - taux de change- déséquilibres des balances courantes- Bâle III- établissements financiers d’une importance systémique (SIFI) (une liste sera-t-elle publiée à part, avec Crédit Suisse et UBS dessus)- filets de sécurité financière- Cycle de Doha- développement- réforme du FMI- Consensus de Séoul, qui disent certains remplacerait le consensus de Washington- réchauffement climatique

12h55. Photo de famille La photo a été prise à l’heure, et le programme ne prend pas de retard, indique une des porte-paroles du G20. Sur l’image, on peut noter qu’au premier rang les chefs d’Etat occidentaux ne se trouvent pas au centre.

12h50. Un G20 moins occidental Pour la première fois, le sommet du G20 se tient dans une capitale qui n’est pas occidentale. Il y avait d’abord eu Washington, puis Londres, Pittsburgh, Toronto. Et maintenant Séoul. Le président Lee en a profité pour insérer de «nouvelles perspectives» à l’agenda du G20. Elles occupent «30 à 40%» du programme, selon sa propre estimation.

Parmi, ces perspectives, il cite volontiers le développement et les filets de sécurité financière mondiale. En quelques mots, le premier concept renvoi à l’inclusion des pays émergents dans le concert mondial du commerce pour accélérer leur développement. Le concept d’aide (du Nord vers le Sud) est renvoyé au second plan. La seconde notion a été validée par les ministres des finances du G20 il y a peu. Elle consiste en la mise en place de lignes de crédit, notamment du FMI, pour aider les économies émergentes à amortir les chocs externes de sorties brutales de capitaux. En somme, tirer les leçons de la crise de 1997 qui avaient produit un assèchement du financement de plusieurs économies asiatiques.

Cette rencontre est effectivement moins «western centric», résume le membre d’une délégation officielle internationale.

12h00. Protocole mode d’emploi Les membres du G20 se sont retrouvés ce matin pour parler de l’état de l’économie mondiale, des rapports de force au sein du Fonds monétaire international, et de la création des filets de sécurité financières pour les pays en développement. Une séance doit aussi parler du développement.

Le lunch de travail sera consacré au changement climatique. Cet après-midi, les discussions vont reprendre avec la réforme de la régulation financière, l’énergie, la lutte contre la corruption et enfin le sommet des affaires qui s’est achevé hier.

En attendant le communiqué final, toujours prévu pour 15h30 (7h30 en Suisse), la télévision publique Arirang s’est livrée ce matin à une explication de texte du protocole qui a conduit à la répartition des sièges pour la séance plénière. Les représentants des membres du G20 sont assis en trois cercles. Le premier, au centre, comprend les chefs d’Etat et de gouvernement. Au «centre» de ce premier cercle, HOST désigne le président Lee, qui accueille le sommet. A sa gauche se trouve David Cameron, le premier ministre britannique, dont le pays présidait le G20 l’an passé. Un siège plus à gauche se trouve son homologue canadien, qui recevait le G20 en juin. A la droite de Lee Myung-bak est assis Nicolas Sarkozy, président de la France, qui présidera le G20 l’an prochain. Juste à côté de lui, Barack Obama, qui recevait le G20 en 2008 à Washington et en 2009 à Pittsburgh (six mois après le sommet de Londres).

11h30. Thé rouge au ginseng Le centre de presse du Coex s’est rempli . On sert du café à l’américaine, mais aussi beaucoup de thé rouge au ginseng, la «fierté de la Corée» peut on lire sur le gobelet cartonné et «100% compostable».

10h50. Les Suisses de responsAbility récompensés Le G20 a remis ce matin ses récompenses pour le «financement innovant» des petites et moyennes entreprises (PME). Parmi les 14 lauréats figure une organisation suisse, responsAbility. «Nous avons utilisé notre savoir-faire en microfinance pour financer les PME. La moitié des 32 millions de francs actuellement gérés est investie en Afrique», explique «heureux d’avoir été sélectionné parmi 350 candidats» Christian Etzensperger, invité à Séoul. L’analyste de responsAbility espère que cette récompense permettra à son organisation de récolter 30 millions de dollars auprès des organisations internationales comme la Banque mondiale, qui se sont engagées à soutenir les lauréats. Avec cet argent, responsAbility vise la levée de 120 autres millions de capitaux privés en Suisse pour lancer un nouveau fonds.

Le fonds actuel a été alimenté la Confédération (le Secrétariat d’Etat à l’économie), Credit Suisse et la banque Baumann, ajoute Chrisian Etzensperger. Il est aussi investi en Amérique latine et en Inde. Ce pays vit une crise du microcrédit qui a poussé au suicide une série d’emprunteurs, plusieurs dizaines selon certaines sources. «Cela ne s’est produit que dans un Etat, l’Andhra Pradesh, dans lequel responsAbility est présent, précise Christian Etzensperger. Mais il n’y a pas eu de suicide chez nos clients.» Dans chaque cas, les personnes avaient des crédits auprès de financiers locaux qui pratiquaient un taux d’intérêt jusqu’à trois fois supérieur à ce que peuvent offrir les institutions de microcrédit, selon l’analyste. Des luttes de pouvoir politique sont aussi en cause, selon lui. «Des mesures sont en train d’être prise et une solution devrait être trouvée d’ici trois mois», espère-t-il.

Cet après-midi, juste après la fin du G20, Chrisian Etzensperger participera à une rencontre avec le présidents Obama, Lee et le premier ministre canadien Harper.

Vendredi 12 novembre. 10h00. Le mur du G20 Le quartier du Coex a été complètement bouclé et plus aucune voiture n’y a accès. Une barrière métallique verte, que finissaient de dresser les forces de l’ordre cette nuit, encercle ce centre commercial et de conférence qui accueille le sommet du G20 ce vendredi.

Après la pluie d’hier soir, le soleil a fait son apparition. Voilà qui plaira sans doute aux protestants attendus encore aujourd’hui. Hier, ceux qui défilaient dans la rue s’emportaient contre les dirigeants du G20 qui parlent de «devises» et pas de «vrais gens».

«C’est une barrière pour garder a Corée du Sud à l’écart de la conférence», a déclaré devant la presse jeudi Sohn Jie-ae, la porte-parole du G20 et ancienne journaliste de CNN. Ce n’est pas quelque chose dont les gens de la sécurité veulent parler; c’est un mal nécessaire», a-t-elle ajouté en faisant référence aux manifestations qui se tiennent régulièrement à Séoul.

00h30. Encore un plan de table La salle de presse, qui peut accueillir plus de 1000 journalistes, est presque déserte. La réunion du G20 reprend, officiellement car les sherpas vont s’activer toute la nuit sur le communiqué final, vendredi à 9h heure locale, soit 1heure du matin en Suisse. Elle débute par la «session plénière» et un nouveau point sur la situation économique mondiale. Un plan de table a été prévu, en forme d’étoiles cette fois. 22h30. Le Japon approuve Bâle III Au sortir d’un point de presse avec deux porte-paroles gouvernement japonais: les sherpas continuent de discuter sur la possible publication d’une liste d’établissements de taille systémique, et donc trop grands pour faire faillite. Ils vont aussi négocier toute la nuit et sans doute encore demain matin sur la manière de réconcilier les points de vue des pays qui dégagent des excédents courants et ceux en déficit, source de tension entre les Etats-Unis d’un côté, et la Chine et l’Allemagne de l’autre, notamment. La croissance ne peut aller sans création d’emplois, ni sans commerce international, ont-ils souligné, appelant à une avancée du cycle de négociations de Doha actuellement au point mort.Bâle III doit être approuvé par le G20, défend enfin le Japon. 22h10. Qui a mangé à côté de qui? Selon le plan de table fourni par les services de presse du G20, le président sud-coréen soupait entre le président américain et le premier ministre britannique. Face à lui se trouvait son homologue brésilien, assis à côté du leader chinois. La Russie n’était pas loin, comme le Mexique non plus. Treize d’un côté, autant en face et quatre sur les bords de la table rectangulaire. La France se trouvait à un angle, à côté du représentant de l’Organisation mondiale du travail. Au menu, des «Stephanie de» boeuf, de poisson et de légume selon la traduction en anglais que plusieurs membres du service de presse n’ont pu expliquer. En dessert, un fruit qui ne pousse que sur l’île Jeju au sud du pays, l’hallabong, qui fait penser à l’orange. Pendant ce temps, 13 épouses ont partagé un repas avec la femme du présiden Lee, Kim Yoon-Ok, détaille un communiqué officiel. Cette dernière leur a aussi présenté un livre de recettes coréennes qu’elle a rassemblées en tant que présidente de l’Organisation pour la mondialisation de la cuisine coréenne. 20h40. Tout le monde n’est pas là Le souper d’ouverture du G20 de Séoul a bien commencé, mais tous les chefs d’Etat n’y assistent pas. Le président français est ainsi remplacé par sa ministre de l’Economie Christine Lagarde. Cette dernière avait retrouvé ses homologues la veille pour parler devises, notamment. «Chaque pays est resté sur sa position de départ», a déclaré mercredi matin Kim Yoon-Kyung, porte-parole du comité présidentiel sud-coréen du G20. Il reviendra aux chefs d’Etat et de gouvernement de rédiger, ou non, un paragraphe concernant les interventions sur les taux de change, selon un texte diffusé par l’agence Dow Jones Newswire. 19h50. Des volontaires pour le G20 A Séoul, impossible d’échapper aux logos du G20. Cependant, bien s’orienter rapidement dans cette ville de plus de 10 millions d’habitants pour trouver le centre COEX, n’est pas des plus simple. Heureusement, les organisateurs ont mis en place un réseau de «volontaires». Des étudiants, en tout cas, les cinq volontaires à qui Le Temps a eu recours l’étaient, aident les participants à trouver leur chemin, prendre le métro, s’orienter dans ce centre commercial qui a l’air grand comme trois fois Balexert à Genève. Il n’y avait rien de tel à Toronto ou Londres, à titre de comparaison. Des volontaires bien utiles pour répondre aux regards ou demandes des forces de l’ordre présentes partout dans la ville, et qui elles ne parlent pas anglais. 19h00. Un étalon hors agenda Dans un point de presse, le secrétaire général de l’OCDE a répondu à la proposition du président de la Banque mondiale de rétablir un étalon or, façon «bancor» imaginé par John Keynes pour Bretton Woods. Cela «n’est pas à l’agenda de Séoul», a déclaré Angel Gurria. Il s’est par ailleurs dit confiant dans la capacité des leaders du G20 de trouver un accord sur la manière de réduire les déséquilibres de l’économie mondiale. Washington avait proposé de fixer une limite des excédents ou déficits des balances courantes (dont la balance commerciale) à 4% du produit intérieur brut. Une idée, évacuée depuis, qui avait fâché deux pays dont les économies sont tournées vers l’export, l’Allemagne et la Chine. 18h30. L’autre G20 Peter Brabeck, Josef Ackermann, Klaus Schwab... nous ne sommes pas à Davos ni à Cologny, mais à Séoul. Le G20 des affaires vient de s’achever. Le président de Deutsche Bank (Jo Ackermann) a appelé à un même niveau d’exigence de fonds propres pour les banques actives à l’international, faisant allusion au «Swiss finish». Hier, nous avons résumé le rapport, indiquant que ce club qui réunit les responsables de quelque cent grands groupes appellent à la fin des mesures de relance, pour laisser la main au secteur privé. 18h10. Souper de travail Pascal Lamy, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce vient de serrer la main du président sud-coréen Lee Myung-bak. Ce dernier accueille tour à tour les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, auxquels s’ajoutent les dirigeants de plusieurs organisations internationales, dont l’OMC, mais aussi l’OCDE ou le Fonds monétaire international (FMI). Au programme ce soir, un souper de travail consacré à la santé de l’économie mondiale, selon le programme officiel. Ce thème sera de nouveau abordé demain, suivi d’une discussion sur la réforme des institutions financières. La question du développement arrive en troisième place. Au repas du midi, les responsables du G20 parleront commerce et changement climatique, puis enchaîneront sur une séance traitant de la régulation financière. La dernière abordera le sujet de l’énergie, de la lutte contre la corruption et la réunion du G20 des affaires. Le communiqué final du G20 est programmé pour 15h20/15h30, soit 7h20/7h30 en Europe. 18h00. Un rapport pour rendre l’ouverture commerciale acceptable La cinquième réunion du G20 débute en ce moment à Séoul où il est 18 heures (8 heures de plus qu’en Suisse). Quelques points de presse ont eu lieu, dont un par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Son directeur pour le commerce et l’agriculture annonce la parution demain, à la fin du sommet, d’un rapport sur les conséquences pour l’emploi de l’abaissement de moitié des barrières aux échanges commerciaux, tant dans l’agriculture, l’industrie que les services. «La surprise ne vient pas tant de l’ampleur des emplois créés, que de la rapidité avec laquelle cela se produit», explique Kenneth Ash. Commandé à la réunion de Toronto en juin passé, ce rapport a été réalisé par l’OCDE, le Bureau international du travail, la Banque mondiale, et l’Organisation mondiale du commerce. Le but de ce rapport est de rendre la libéralisation des échanges acceptable par l’opinion publique, tentée par le repli en ces temps de croissance faible et de chômage élevé, relève-t-il. Kenneth Ash ajoute que tous les pays gagnent à une telle libéralisation, même si certains empochent des gains plus importants que d’autres. Certains secteurs, en revanche, vont souffrir. Pour ces derniers, il faut mettre en œuvre des mesures d’accompagnement, financières notamment, propose-t-il.