Identifié depuis octobre 2008, le surendettement de Dubaï n’est pas une surprise. C’est l’ampleur de la réaction des marchés internationaux au risque de faillite de l’émirat qui en est une. Cette réaction souligne l’inquiétude suscitée par la persistance de dettes à hauts risques dans le secteur financier et, plus grave encore, l’extrême difficulté de les quantifier. Malgré tous les efforts des régulateurs, la transparence des portefeuilles est encore largement insuffisante.

Toujours malade, le système financier reste dépendant des largesses des banques centrales. Sans cette béquille, il risquerait une sévère rechute, qui classerait au rang de péripétie l’avertissement lancé depuis le Golfe. Les banques centrales savent que l’heure de tirer la prise n’a pas encore sonné. Pas question donc de fermer rapidement les vannes monétaires, ni de relever les taux d’intérêt, alors qu’elles ne souhaitent que cela.

Les conditions d’une reprise vigoureuse de la croissance, que les optimistes annoncent pourtant pour demain, sont encore loin d’être réunies faute d’un système financier durablement assaini.