La tension baisse d'un cran autour de SGS. D'une part, le nouveau directeur général a été identifié. Son embauche est en cours. D'autre part, aucune fusion n'est envisagée avec le français Bureau Veritas, a indiqué le directeur général ad interim Johan Allegaert.

Après la démission en septembre de Werner Pluss, tombé gravement malade, la SGS s'était donné jusqu'au 31 décembre pour sélectionner un remplaçant. Cette date passée, les interrogations se multipliaient sur la difficulté de trouver un manager de qualité. Le cours de Bourse, agité par les rumeurs persistantes de fusion, menaçait d'entrer en ébullition. SGS se devait de calmer le jeu lors de la présentation des résultats annuels vendredi.

«Le nom du nouveau directeur général sera annoncé dans quelques semaines. Certains arrangements doivent encore être finalisés», a déclaré Johan Allegaert. En outre, il a assuré qu'«à sa connaissance, aucune discussion n'avait lieu avec Bureau Veritas». Pendant un tel interrègne, les décisions importantes sont reportées et la discipline risque de se relâcher. Cette dernière crainte a été écartée par les solides résultats annuels.

En 2004, le chiffre d'affaires s'est inscrit à 2,88 milliards de francs. La hausse de 17,6% est attribuée à hauteur de 10,7% à la croissance organique et à hauteur de 8,7% aux quatre acquisitions réalisées pendant l'exercice. L'impact négatif de la baisse du dollar a été de 1,8%. Huit divisions sur dix ont contribué à la croissance. Seules l'Automobile et l'Agriculture sont en recul.

Bond du cash-flow

Le bénéfice opérationnel s'est amélioré de 30,3% à 391 millions. A l'exception de deux divisions (Agriculture et Certification de systèmes et services), toutes les divisions ont amélioré leur marge opérationnelle. Celle-ci s'établit pour le groupe à 13,6% contre 12,2% en 2003. «L'objectif d'atteindre 16% de marge en 2005 est confirmé», a indiqué Johan Allegaert. En excluant les acquisitions, SGS devrait être capable d'atteindre cette année une «croissance des ventes à deux chiffres et un bénéfice par action de 45 francs», a-t-il précisé.

Le cash-flow, qui mesure l'excédent de trésorerie a bondi de 34,5% à 226 millions. Enfin, l'effectif de la société s'est étoffé de 13%. Les nouveaux postes correspondent pour 3774 à la croissance interne et pour 1948 aux acquisitions. Ces résultats sont globalement en ligne avec les attentes des analystes. «On peut s'attendre à une réaction neutre du marché», a estimé Matthias Egger, analyste chez Helvea.

Après l'appréciation de 16,7% de SGS en Bourse depuis la fin septembre, six analystes sur dix recommandent soit de vendre soit de garder l'action. Les plus pessimistes d'entre eux, comme Richard Bennett de Morgan Stanley, prévoyaient que SGS allait nettement rater ses objectifs en 2004 et revoir à la baisse ceux de 2005. Cela n'a pas été le cas. Andrew Brooke, de Dresdner Kleinwort Wasserstein, s'inquiétait d'une chute du cash-flow. Le contraire s'est produit.

Risque d'essoufflement

L'évaluation du titre à près de 18 fois les bénéfices prévus en 2005 peut expliquer une certaine nervosité de la part des analystes. «SGS s'échange 10% plus cher que son concurrent britannique Intertek», remarque Andrew Brooke. L'action SGS dépasse nettement son objectif de cours de 610 francs ou les 780 francs préconisés par Matthias Egger. Elle cotait autour de 810 francs vendredi.

Johan Allegaert ne se voile pas la face: «Les sources de productivité les plus évidentes ont déjà été exploitées, explique-t-il. Il y a un moment où la progression de la marge devient plus difficile.» L'essoufflement guette aussi la politique de petites acquisitions. «Nous avons moins acheté au second semestre, notamment pour des raisons de prix trop élevés», a déclaré le directeur financier, Richard Tobin. La concurrence de firmes de private equity semble avoir fait échouer certaines opérations. Il reviendra au nouveau directeur général de définir une nouvelle stratégie capable de répondre aux attentes élevées instillées par ses prédécesseurs.