Certification

SGS se sépare d’un pilier de l’industrie pétrolière

Le groupe genevois vend l’entreprise de Baton Rouge, Petroleum Service Corporation, pour 335 millions de dollars. Une nouvelle étape de son virage vers la sécurité alimentaire et l’e-commerce

SGS avait habitué les milieux économiques à autre chose. A un rythme parfois effréné, le groupe genevois rachète des entités de plus ou moins grande importance pour ajouter de l’expertise à son empire de la certification.

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Mais cette fois, c’est une vente qui fait l’actualité de SGS. Lundi, le groupe aux 95 000 employés et aux 6,7 milliards de francs de chiffre d’affaires a annoncé la cession de Petroleum Service Corporation (PSC). L’acheteur, la société d’investissement américaine Aurora Capital Partners, a mis 335 millions de dollars sur la table pour reprendre cette entreprise de 3500 personnes basée à Baton Rouge, en Louisiane. PSC a enregistré un chiffre d’affaires de 300 millions de dollars, l’an dernier. Elle est active dans la manutention et la logistique pour la pétrochimie, le raffinage et le transport maritime.

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Pour les analystes financiers, ce désinvestissement ne relève pas de la surprise. «SGS avait annoncé sa volonté de se séparer des activités qui ne sont pas assez rentables. PSC en fait partie», expose Jean-Philippe Bertschy, de Vontobel. Selon lui, les marges de PSC sont inférieures à 5%, alors que SGS aspire à une moyenne de 17% pour l’ensemble du groupe (15,7% en 2018).

La qualité plutôt que la quantité

De la qualité, plutôt que de la quantité. C’est en substance ce que recherche désormais le numéro un mondial de la certification, depuis l’arrivée en 2015 de Frankie Ng comme directeur général. La société veut davantage miser sur de nouveaux secteurs d’activité. Parmi eux, la sécurité alimentaire et sanitaire, ainsi que l’e-commerce. Frankie Ng aime par exemple à rappeler qu'Alibaba fait partie des clients du groupe. SGS y certifie les vendeurs présents sur la plateforme chinoise, en fonction des critères qu’elle a elle-même définis.

D’autres signaux sont à déceler dans les dernières acquisitions annoncées par SGS. Il y a par exemple CSL, un laboratoire américain d’analyse pour l’alimentaire, la pharma ou les cosmétiques. Ou encore i2i Infinity, une société britannique spécialisée dans la certification numérique pour l’exportation.

Avec la vente de PSC, SGS se rapproche de son objectif affiché en novembre dernier: se délester d’un poids équivalent à 350 millions de dollars, en vendant des sociétés qui ne répondent plus à ses attentes. D’autres cessions de moindre ampleur pourraient donc intervenir. Mais, prévient Jean-Philippe Bertschy, il ne faut pas forcément s’attendre à une autre vente dans le secteur pétrolier. SGS a beau être en train de changer de profil, la division Oil, Gas and Chemicals, avec 18% des ventes, reste la plus importante du groupe.

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