Progressivement, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, se laisse convaincre qu’il va devoir reporter la hausse de TVA pourtant validée par son parti et les autres grandes formations politiques du pays. Si, officiellement, il n’a toujours pas tranché cet épineux débat, il aurait déjà évoqué, selon les médias nippons, avec des cadres du pouvoir, son intention de décaler d’au moins un an et demi la hausse à 10% de la taxe sur la consommation qui est déjà passée de 5% à 8% en avril dernier. Le relèvement du printemps dernier, rendu nécessaire par le manque de recettes publiques, avait entraîné une brutale chute de la consommation intérieure et fait plonger le PIB. L’exécutif estimerait dès lors que l’économie nationale ne serait pas prête à encaisser un second choc en octobre 2015 comme cela avait été voté dès 2012. Ce matin, un sondage Reuters montrait que 72% des entreprises, interrogées dans le pays sur ce sujet, plaidaient pour un rapport de la hausse de la taxe, quand seulement 28% estimaient que le relèvement pouvait être digéré. Pendant longtemps, Shinzo Abe avait refusé d’envisager un report car il redoutait une envolée des taux d’intérêt des obligations du pays, qui évoluent à des niveaux particulièrement bas. Mais les rumeurs sur une révision du programme de hausse de la TVA n’ont pour l’instant aucunement bouleversé le marché obligataire nippon. Les investisseurs ne semblent pas s’inquiéter du formidable endettement du pays, qui devait partiellement être résolu par le relèvement de la taxe. Pour faire valider l’annulation ou le report de la hausse, Shinzo Abe a besoin de modifier la loi et doit donc se présenter devant un parlement divisé sur le sujet. Il pourrait donc profiter de l’occasion pour dissoudre prochainement l’assemblée et organiser dès la mi-décembre des législatives anticipées. En militant à cette occasion pour un report de la hausse de TVA, il emporterait probablement un succès populaire massif et consoliderait sa majorité.

Effervescence boursière en Chine avant le grand jour

Les bourses de Shanghai et de Shenzhen connaissent actuellement des mouvements contradictoires, dus à l’entrée en vigueur, lundi 17 novembre, du fameux «Stock connect». Ce système doit créer un lien entre les bourses de Shanghai et de Hongkong, ce qui permettra à des investisseurs situés sur l’un de ces territoires d’acheter ou de vendre des actions cotées sur l’autre. Concrètement, il va donc permettre aux investisseurs étrangers d’accéder enfin, de façon beaucoup plus large, aux actions de sociétés chinoises cotées en Chine continentale. Il suscite donc une effervescence. Du coup, la plupart des grandes sociétés cotées à Shanghai ont vu leur valeur s’apprécier nettement au cours du dernier mois, mais aussi ces tout derniers jours, depuis l’annonce de la date du 17 novembre. A l’inverse, les sociétés plus petites sont à la baisse: ces actions sont revendues par les boursicoteurs qui préfèrent acquérir des actions de sociétés susceptibles d’intéresser les investisseurs basés à Hongkong. A la bourse de Shenzhen, où sont cotées des sociétés plus technologiques, l’indice composite est aussi en berne, faisant les frais de ce mouvement de vase communicant. Un grand chambardement qui illustre donc l’intense excitation que suscite le lancement imminent du canal financier entre Shanghai et Hongkong, en même temps qu’il démontre, une fois de plus, la nature souvent spéculative des mouvements qui secouent les bourses chinoises. En Chine continentale, on estime à plus de 80% la proportion des volumes de transactions boursières opérées par les petits porteurs.

Au Cambodge, le salaire minimum passe à 102 euros

Après des mois d’affrontements, parfois violents, entre le gouvernement cambodgien et les représentants des ouvriers du textile, le Ministère du travail vient d’annoncer qu’il allait valider une hausse de 28% du salaire minimum versé dans le pays aux ouvriers du textile et de la chaussure. A compter du 1er janvier prochain, ils devront au minimum recevoir une paye de 128 dollars par mois, soit 102 euros, contre actuellement 100 dollars. Ce relèvement, qui est très inférieur aux montants réclamés par les ouvriers, pourrait ne pas suffire à garantir un apaisement social dans les usines du pays. «Nous ne sommes toujours pas satisfaits», a immédiatement réagi Ath Thun, le président de la confédération des travailleurs des industries textiles. Les syndicats qui réclament une hausse à 140 dollars (112 euros) devraient organiser prochainement de nouvelles manifestations dans les rues de la capitale malgré les risques d’accrochages avec les forces de l’ordre. Depuis début janvier, au moins quatre personnes ont été tuées dans des heurts avec la police. Le premier ministre autoritaire Hun Sen refuse de céder aux demandes des ouvriers de peur de voir les investisseurs délocaliser leurs usines vers d’autres pays d’Asie du Sud-Est encore moins chers. Il perdrait alors l’un des rares moteurs de croissance de son territoire toujours très pauvre. L’industrie du textile et de la chaussure emploie 500 000 personnes et représente l’essentiel des exportations du Cambodge.