L'année 2000 aura fait des heureux. Parmi eux figure le groupe israélien SHL Télémédecine, qui a renoué avec les bénéfices après avoir subi des pertes d'un demi-million de dollars (près de 800 000 francs) l'année précédente. La fin de l'an 2000 aura marqué l'entrée de la société au Nouveau Marché de la Bourse suisse, suivie début janvier de l'annonce d'un joint-venture avec Philips Medical Systems au Pays-Bas. Selon l'accord, Philips Medical Systems détient 80,1% du nouveau groupe et SHL 19,9%. La société israélienne se réserve néanmoins le droit d'augmenter sa participation à 35% au cours des prochaines années. Dans un accord séparé, Philips a également investi dans 18,75% du capital de SHL.

Basée aux Pays-Bas, le nouveau joint-venture débutera ses opérations cette année. Elle a pour but d'établir des centres d'appels médicaux dans toute l'Europe, ainsi que des services de contrôle à distance pour les personnes souffrant de maladies cardiaques. Pour un prix variant de 40 à 60 dollars par mois, le patient peut lui-même contrôler son rythme cardiaque en douze secondes, grâce à un système téléphonique nommé CardioBeeper. Ses données médicales sont transmises à un centre d'appel, qui lui-même les soumet à des hôpitaux. Le patient reçoit en retour des conseils ou de l'aide d'urgence. Selon les responsables du groupe, le temps d'attente habituel pour une personne confrontée à des malaises cardiaques est de 320 minutes avant que celle-ci ne reçoive le traitement requis à l'hôpital (les gens attendent en moyenne trois heures avant d'appeler une ambulance, car ils ne veulent pas alerter les services inutilement). «Avec ce système, explique Erez Alroy, coprésident du groupe, les patients peuvent contacter le centre d'appel autant de fois qu'ils le veulent. Ils sont moins réticents à le faire puisqu'ils paient pour ce service et cela les rassure.»

Le groupe compte accroître son chiffre d'affaires au niveau international à hauteur de 60% dans les trois prochaines années, comparé à 7% actuellement. La société, qui recense 55 000 utilisateurs, quelque 290 000 appels annuels et 150 000 tests d'électrocardiogramme est majoritairement présente en Israël. Le groupe compte ouvrir dès 2001, grâce au joint-venture, trois centres médicaux en Europe. L'annonce de leur location se fera prochainement et conjointement avec Philips. Tout ce que l'on sait, c'est que le premier pays visé recense plus de 40 millions d'habitants (les responsables ont cité l'Allemagne en exemple) et que les deux autres pourraient se situer soit en Suisse, soit aux Pays-Bas ou en Suède. On peut supposer qu'il s'agira des deux premiers pays.

Piètres performances boursières

Malgré ces bons résultats en l'an 2000 (voir tableau ci-contre), le titre du groupe a clôturé la séance de vendredi inchangé à 35 francs. Il a perdu plus de 30% depuis son sommet le plus haut le 20 novembre de l'année dernière. Une mauvaise performance qui, en apparence, ne semble pas inquiéter les responsables du groupe. «La performance du titre ne reflète de toute évidence pas la marche de nos affaires», estime Erez Alroy. Et il a peut-être raison. Son concurrent, Card Guard Scientific Survival, a vu son chiffre d'affaires bondir de 400% en 2000 et son bénéfice net de 15%, alors que le titre a perdu 25% depuis son niveau le plus haut au début du mois d'octobre.