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Sicpa va restructurer son siège à Prilly. Jusqu’à 150 postes pourraient être touchés.
© MARTIAL TREZZINI / Keystone

Industrie

Sicpa va biffer jusqu’à 150 postes à Prilly

Le spécialiste des encres de sécurité, basé à Prilly (VD), confirme avoir entamé une restructuration stratégique. C’est la troisième vague de licenciements qui touche le canton de Vaud en moins de deux mois

Une restructuration est en cours chez Sicpa. Le spécialiste des encres de sécurité devrait biffer 150 postes à son siège de Prilly, qui en compte quelque 350, a appris Le Temps.

Contactée mercredi, la multinationale, qui affiche 3000 employés dont un tiers en Suisse, confirme avoir «entamé une restructuration», évoquant des «choix stratégiques» afin de réorienter ses investissements et ses équipes vers des secteurs où de nouvelles opportunités de croissance apparaissent, explique son service de presse. Le nombre exact de licenciements, lui, n’est pas encore confirmé.

Déjà 100 postes supprimés en 2013

Les effectifs de Sicpa ont doublé sur les dix dernières années. Mais, en 2013, l’entreprise avait déjà été contrainte de biffer une centaine de postes. Dans un premier temps, 110 à 120 emplois avaient été évoqués, mais les départs volontaires et les négociations avec le syndicat Unia avaient permis de ramener ce nombre à un peu moins d’une centaine.

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Une consultation du personnel est en cours. «Des accords sociaux ont été conclus en 2014 et demeurent valides. Ils garantissent aux employés concernés des conditions de départ supérieures aux pratiques en vigueur», fait valoir Sicpa. Après les annonces de Bombardier, qui va supprimer 650 postes à Villeneuve (VD) et Zurich, et celle de Thermo Fisher, qui prévoit d’en supprimer 95 à Ecublens, c’est la troisième vague de licenciements qui touche le canton de Vaud en deux mois.

Lutte contre l’économie illicite

La maison Sicpa, qui fête ses 90 ans cette année, n’a pas souhaité détailler les motifs de cette restructuration, mais estime être d’ores et déjà bien placée sur le marché de la lutte contre la fraude et l’économie illicite.

Sicpa fournit les encres pour imprimer les billets libellés en francs suisses, en dollars, en euros ainsi que la majeure partie des coupures en circulation dans le monde. Mais, depuis les années 2000, sous la houlette de Philippe Amon – à la fois directeur général, président du conseil d’administration et actionnaire principal de la maison –, le groupe s’est diversifié dans l’authentification et la traçabilité des produits soumis au fisc, cigarettes, alcool, pétrole et même la viande halal, à Dubaï. Des marchés plus concurrentiels que celui des billets de banque.

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Enquête fédérale lancée au Brésil en 2015

Selon des sources internes, Sicpa aurait perdu certains marchés au Brésil, où une enquête fédérale a été lancée en 2015 contre sa filiale locale pour corruption présumée. Son mandat de certification du volume de production des boissons n’a pas encore été renouvelé. Des licenciements ont déjà eu lieu dans ce pays. Toutefois, «l’origine de la nouvelle restructuration n’est pas à chercher de ce côté-là», estime une autre source.

Mercredi, Sicpa a aussi tenu à rappeler son attachement au canton de Vaud, «où la société a ses racines, et apprécie la valeur de l’écosystème local particulièrement dynamique». Traduction: la société gardera un pied dans la région. La division «encres de sécurité» et le site de Chavornay ne seront pas touchés par la réorganisation.

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