Le groupe schaffhousois SIG, actif dans les systèmes de conditionnement et d'emballage, poursuit sa réorientation stratégique. Sept mois après la cession de sa division Pack au géant allemand Bosch, pour un montant non révélé, le groupe suisse présent dans 30 pays a annoncé la suppression de 250 emplois dans le monde, dont 35 au siège principal de Neuhausen (SH), sur un total de 6800 collaborateurs à fin juin. «Cette restructuration coûtera environ 15 millions de francs. Elle devrait s'opérer par des départs naturels ou des licenciements», a précisé Rolf-Dieter Rademacher, patron de SIG.

Du côté du syndicat UNIA, on critique les mesures prises par le groupe schaffhousois. «Nous nous attendions à des licenciements, mais pas en Suisse. Par ailleurs, nous ne savons pas exactement combien de personnes sont concernées, car nous n'avons pas été directement informés», déplore Ruedi Dubach, secrétaire pour les régions Schaffhouse, Winterthour et Uster.

Parallèlement à ces suppressions d'emplois, le groupe compte se séparer d'activités moins rentables. SIG Simonazzi (rinçage, remplissage et encapsulage), SIG Alfa (étiquetage) et SIG Manzini/Comaco (stérilisation) pourraient ainsi être cédées au concurrent suédois Tetra Laval, avec lequel le groupe est en discussion. Ces trois sociétés emploient 1770 personnes. Elles ont réalisé un chiffre d'affaires de 456 millions de francs en 2003, soit près du quart de toutes les ventes (1,9 milliard). Cette réorientation nécessite un ajustement du «goodwill», dû aux mauvaises performances des activités qui seront cédées. Il provoquera des chiffres rouges au niveau opérationnel. Mais en contrepartie, leur vente devrait rapporter des liquidités au groupe en 2005.

Conséquence directe: la division «SIG Beverages», composée notamment de ces trois sociétés, sera divisée en deux unités: l'embouteillage à haute valeur ajoutée (PET) et les affaires traditionnelles. Au niveau de l'organisation, les deux unités seront gérées séparément. «Nous sommes dans la dernière phase de notre réorientation stratégique», a relevé Rolf-Dieter Rademacher.

Une année tumultueuse

Pour Alessandro Foletti, analyste à la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch, «la fin de la restructuration est proche. Cette réorientation est positive, car les activités les moins rentables du groupe seront abandonnées. Cela permet à SIG de renforcer sa profitabilité. L'amortissement du «goodwill» n'a pas d'effet sur la valorisation du groupe puisqu'il arrive à dégager une capacité d'autofinancement de 200 millions par an environ.» La nouvelle stratégie du groupe a été saluée par le marché: le titre a gagné près de 7% en une journée.

Malgré cette appréciation, l'année 2004 a été le théâtre d'une valse des dirigeants de SIG (LT du 16.03.2004). Willy Kissling a abandonné en mars la présidence du conseil d'administration. Roman Boutellier, CEO depuis 1999 et principal artisan de la réorientation de SIG avec la cession des activités d'armement, a été remplacé dès juillet par Rolf-Dieter Rademacher. Durant le deuxième trimestre 2004, le Danois Ulf Berg, responsable depuis juin 2003 de la division «Beverages» l'a quittée pour remplacer Fred Kindle à la tête de Sulzer.