Cheyne et Sterling, deux actionnaires de SIG (2,7% et 5,9% des actions), n'acceptent pas la défaite. Deux mois après l'assemblée générale mouvementée du fabricant d'emballages, Cheyne a adressé une lettre au conseil d'administration de SIG qui met de l'huile sur le feu. Des erreurs auraient été commises dans le décompte des voix qui fut très serré. Cela concerne les membres du conseil d'administration. Autrement dit, le retrait de Lambert Leisewitz, président de SIG, que Cheyne et Sterling souhaitaient vivement. Mais aussi la réélection de Peter Hauser qu'ils ne voulaient pas.

Enfin, l'actionnaire met aussi en doute le décompte des voix pour les candidats qu'il a proposé avec Sterling. Il s'agit de Nico Issenmann, membre du conseil d'administration de Barilla, d'Alex Seidel, président d'Unilever en Suisse, et de Thomas Kunz, responsable de la division Boissons du groupe Danone. «Il existe des évidences que des erreurs ont été commises. Sans cela, les résultats auraient été différents», dit la lettre que Le Temps s'est procurée.

Cheyne et Sterling ne souhaitent pour l'instant pas faire de commentaires. D'après nos sources, les gros actionnaires de SIG étaient sûrs de gagner à l'assemblée générale. Ils ont voulu comprendre les raisons de leur défaite très serrée. Bank am Bellevue a été alors mandatée pour contacter les actionnaires qui avaient dit voter avec Sterling. Au final, l'établissement bancaire serait arrivé à la conclusion que le vote devait être favorable à Cheyne et Sterling.

Mais du côté de SIG, «on estime que les votes ont été comptabilisés correctement. Nous avons d'ailleurs vérifié encore une fois les votes de Sterling et Cheyne, ainsi que ceux d'autres actionnaires qui l'avaient demandé. Si certains investisseurs ont des doutes, ils peuvent s'adresser à la société SAG. Elle s'est occupée des votes électroniques lors de notre Assemblée générale et répondra aux requêtes», conclut Thomas Werder, porte-parole de SIG.