Après avoir cédé ses activités dans les transports ferroviaires et dans les armes à feu pour se concentrer sur les systèmes d'emballages, le groupe schaffhousois SIG resserre sa stratégie sur les systèmes et machines d'emballages pour boissons. Numéro deux mondial des briques d'emballage en carton, loin derrière Tetra Pak, SIG entend donc se concentrer sur ses deux divisions jugées les plus prometteuses: SIG Combibloc (briques en carton aseptisé) et SIG Beverages (bouteilles en PET et lignes de conditionnement), lesquelles génèrent d'ailleurs 80% du chiffre d'affaires et la plus grande partie du bénéfice du groupe.

Conséquence: SIG a annoncé mardi son intention de se défaire de sa division SIG Pack, spécialisée dans les systèmes d'emballages pour produits secs (biscuits, chocolats, etc.), présente notamment à Ecublens et à Romanel-sur-Lausanne. «Compte tenus des investissements importants – de l'ordre de 1 milliard d'euros en 6 ans – prévus pour assurer la croissance des deux divisions stratégiques, notamment de nouvelles usines, nous préférons chercher pour SIG Pack un repreneur en mesure d'assurer les investissements requis et éviter ainsi que la division ne devienne la cinquième roue du carrosse», a expliqué mardi à Kloten Roman Boutellier, président de la direction du groupe schaffhousois. Ce dernier table en outre sur une croissance annuelle des affaires de 5% à 10% pour les deux divisons stratégiques.

Si SIG emploie actuellement 9400 personnes, dont 1400 environ en Suisse, les effectifs du groupe recentré ne comprendront plus que 8000 emplois, dont 400 seulement en Suisse, «mais cette part devrait ensuite s'étoffer à 800 au vu des emplois qui doivent être créés à Neuhausen», explique Roman Boutellier. De quoi prendre la mesure de l'évolution opérée depuis l'ancienne Schweizerische Industrie Gesellschaft.

«SIG Sapal à Ecublens (machines plieuses pour chocolats, bouillons, etc.) et SIG Demaurex à Romanel – qui emploient respectivement 158 et 45 personnes – bénéficient d'un bon niveau de commandes, mais la visibilité de leurs affaires ne dépasse pas 6 mois. Dans le rouge l'an dernier, SIG Demaurex (acquise par SIG en 1999 et centrée sur la robotique, ndlr) a réussi son redressement», commente Beat Kälin, responsable opérationnel de SIG Pack. Ce dernier estime que l'évolution des emplois dépendra davantage de la conjoncture que du futur repreneur. Le groupe privilégie d'ailleurs une cession en bloc de la division, et ses dirigeants prévoient d'ores et déjà un impact positif sur le compte de résultats. Avant cela cependant, les autres cessions opérées ou prévues vont alourdir, à hauteur de 62 millions d'euros, les comptes du 1er semestre 2003. Ce dernier devrait même se solder par une perte d'exploitation de 30 millions d'euros (bénéfice de 44 millions un an plus tôt) et par une perte nette de 50 millions d'euros (bénéfice net de 20 millions). La constitution de cette charge extraordinaire a d'ailleurs déçu le marché: l'action SIG a clôturé mardi en recul de 7,6% à 145 francs dans des volumes élevés.

Alors que la cession des autres activités périphériques était attendue, l'annonce de celle de SIG Pack a surpris la communauté financière qui n'en salue pas moins cette mesure «qui prouve que la direction cherche de manière résolue une solution aux problèmes», selon le commentaire de Carla Barella, de la Banque Cantonale de Zurich.

Commandes en baisse en 2003

A titre de comparaison, la marge d'exploitation de SIG Combibloc était en 2002 de 14%, celle de SIG Beverages de 5% et celle de SIG Pack de moins de 2%. Et si Combibloc continue à bénéficier d'une forte croissance en 2003, Beverages est confrontée à des problèmes d'efficacité compte tenu de l'affaiblissement des commandes, alors que des réductions de coûts doivent compenser le recul des commandes de SIG Pack, encore rentable. Pour l'ensemble de l'exercice 2003, les dirigeants de SIG tablent pour le groupe sur une baisse des commandes, une hausse du chiffre d'affaires et un résultat d'exploitation légèrement positif. Le résultat net final s'inscrira en revanche dans le rouge, compte non tenu de l'éventuelle cession de SIG Pack.