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Faut-il privilégier la prudence en bourse?
© Brendan MCDermid/Reuters

Bourse

Des signes précurseurs d’un «accident financier» ou d’une récession apparaissent

Les clignotants sont passés au rouge, avance Gavekal. Si les craintes portent souvent sur l’inversion de la courbe des taux publics (Trésor américain), la société de recherche s’appuie sur les taux privés pour lancer son avertissement

Peur sur les marchés? Les Cassandre ne manquent pas sur les milieux financiers, et pas uniquement pour des raisons géopolitiques. Depuis que les taux d’intérêt des obligations à court terme (deux ans) sont presque au même niveau que les taux longs (dix ans), les prévisions d’un futur accident boursier se sont multipliées.

Selon Goldman Sachs, l’inversion de la courbe des taux a annoncé les sept dernières récessions. Si les taux courts sont bas et les taux longs plus élevés, il est parfaitement sensé d’investir. L’inversion de la courbe des taux réduit cette incitation, ainsi que le montre une étude de Morningstar, si bien que ce phénomène précède une récession d’environ un an.

Mieux vaut regarder les taux du crédit privé

Les interventions massives des banques centrales sur les marchés financiers, dans le cadre de leur politique ultra-expansive, réduisent la valeur explicative de la courbe des taux des obligations d’Etat. Mieux vaut observer une courbe des obligations du secteur privé que celle de l’Etat, selon Charles Gave, directeur de la société de recherche Gavekal, dans une étude citée par Bloomberg. L’économiste se penche alors sur la différence entre les obligations d’entreprises ayant une notation de BBB (à long terme) et le taux d’intérêt sur les crédits des banques (prime lending rate). Cet écart est tombé à 0. S’il devient négatif, l’économiste s’attend à «une récession aux Etats-Unis, un accident financier ailleurs, ou les deux».

Selon Charles Gave, le niveau extrêmement bas des taux sur les crédits a surtout accru l’ingénierie financière. Les entreprises se sont par exemple endettées pour financer des rachats d’actions, lesquels ont poussé les actions à la hausse.

Une courbe plate, comme aujourd’hui, n’est en soi pas dangereuse pour l’investisseur. D’ailleurs, il faut sortir d’une vision binaire qui voudrait que les clignotants soient au vert si la courbe est pentue et au rouge si elle est inversée, si l’on en croit Witold Bahrke, analyste auprès de Nordea. Ce dernier recommande la prudence en bourse. Il constate que les économistes révisent à la hausse leurs estimations de croissance et que les déceptions sont probables.

Vendre en mai et partir?

Faut-il vendre ses actifs selon l’adage «Sell in May and go away» (vendre en mai et partir)? L’an dernier, l’indice SMI s’est apprécié de 2,7% et la performance de mai à septembre a été encore supérieure (+4,7%), selon Cash.ch. Les cinq derniers mois de mai ont été profitables pour l’investisseur en actions suisses. Mais entre mai et septembre, la performance est parfois très mauvaise. Elle a été négative de 5,7% en 2015, de 16,8% en 2011 et de 11,6% en 2008, selon le site Cash.ch Le risque serait politique. L’approche des élections de mi-mandat (mid-term) détermineront le soutien à la politique de Donald Trump. Les pressions sur les marchés iront croissant.

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