Genève

SIHH 2019: Baume & Mercier poursuit les tests de son calibre

La marque de Richemont, connue pour ses montres entre 1000 et 4000 francs, a présenté un modèle à complications à 22 500 francs. Pour «explorer les possibilités de son calibre maison» lancé l’an dernier

Baume & Mercier n’est pas comme toutes les marques présentes au Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève. Elle détonne toujours un peu. En effet, là où les marques présentent généralement des produits valant plusieurs dizaines voire centaines de milliers de francs, cette société du groupe Richemont occupe, elle, le terrain des montres valant entre 1000 et 4000 francs.

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De fait, en voyant qu’elle sortait cette année un modèle en or à quantième perpétuel à 22 500 francs, on pouvait logiquement s’étonner. «Oui, ce n’est pas notre cœur de gamme. Mais ce n’est évidemment pas une pièce commerciale», souligne Geoffroy Lefebvre, rencontré durant le SIHH qui a fermé ses portes jeudi soir. Le directeur de Baume & Mercier est entré en fonction l’été dernier, remplaçant Alain Zimmermann.

Ouvrir le champ des possibles

Traditionnellement, les montres Baume & Mercier donnaient l’heure grâce à des calibres achetés à des tiers comme Sellita ou ETA (Swatch Group). L’an dernier, la marque a présenté le Baumatic, son premier calibre mécanique maison. «L’automne dernier, nous l’avons lancé sur trois marchés tests où les clients sont très différents: le Japon, plutôt technique, la Chine, plutôt esthétique, et Hongkong, très international. Il a très bien fonctionné partout», s’enthousiasme Geoffroy Lefebvre.

La pièce à 22 500 francs a donc été lancée dans un but bien précis, selon Geoffroy Lefebvre: «Expliquer ce qui est le futur de notre mouvement maison Baumatic [dont une version améliorée équipe la montre, ndlr]. Et montrer qu’il est possible de venir ajouter une grande complication dessus sans altérer ses caractéristiques de base que sont sa précision, ses cinq jours de réserve de marche et sa résistance aux ondes magnétiques.» Elle entend donc maintenant exploiter la base du Baumatic en y ajoutant progressivement de nouvelles complications plus modestes comme une réserve de marche, un «day-date» ou une phase de lune.

Baume Watches; pas d’impact

Autre nouveauté de 2018: Baume Watches. En mai dernier, Richemont a mis sur le marché cette marque d’entrée de gamme (500-1000 francs) dans le but de répondre à de nouvelles tendances de consommation (personnalisation, achats en ligne, etc.). A-t-elle fait de l’ombre à Baume & Mercier?

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Non, répond Geoffroy Lefebvre, qui pilote également cette seconde entité. «Ce n’est ni les mêmes prix ni les mêmes produits. Ces deux marques partagent uniquement un nom, une obsession pour la qualité et un directeur général. Autrement, il n’y a aucun chevauchement.» S’il avait déjà été le patron lorsque le nom de la nouvelle marque a été choisi, aurait-il lui aussi opté pour un patronyme aussi proche que celui de Baume & Mercier? «C’est une décision difficile que je n’ai pas eue à prendre», élude-t-il avec diplomatie.

Impossible en revanche de savoir si les estimations de Vontobel (115 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017) sont réalistes. Ou si Baume & Mercier a retrouvé la rentabilité l’an dernier. Ou encore si ce bruit qui court avec persistance dans l’industrie – un stock de plusieurs milliers de montres Baume & Mercier neuves aurait été retrouvé au Koweït – est vrai.

Car, quand il s’agit de parler de chiffres, Baume & Mercier est comme toutes les autres marques présentes au SIHH.

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