Sur un siège éjectable, Philippe Léopold-Metzger? Lorsqu’on rapporte au patron de Piaget ce qui se raconte dans les milieux horlogers, lui ne perd pas pied. Du haut de ses dix-sept années passées à la tête de la marque, il ne répond ni oui, ni non.

Le groupe Richemont, propriétaire de la marque, a entamé cet hiver le plus grand remaniement managérial de son histoire. Et parmi les effets collatéraux d’une réorganisation qui supprime par exemple le poste de directeur général, figurerait aussi le départ de certains anciens – dont Philippe Léopold-Metzger. Alors, en ce premier jour du Salon international de la haute horlogerie (SIHH), «Le Temps» ne pouvait pas ne pas lui poser la question.

Lire aussi l’interview de Nicolas Bos: «Au SIHH, Van Cleef & Arpels est un peu exotique»

Philippe Léopold-Metzger ne travaille pas avec cette idée en tête, explique-t-il. Même si, au sein du groupe Richemont, «il y aura bien sûr un changement de génération. Il est logique que la succession se prépare», développe-t-il, avant de citer le nom de la directrice générale du marketing de Piaget, Chabi Nouri, entrée en fonction il y a deux ans.

Le réseau est nettoyé

«Parlons plutôt de la stratégie au lieu de parler des personnes». C’est ainsi qu’il clôt le sujet. Les récentes suppressions de postes et les échanges animés avec les syndicats, eux, ne seront pas au menu de cette discussion. Philippe Léopold-Metzger veut parler d’avenir. Il aborde d’ailleurs ce SIHH et cette année 2017 avec un certain optimiste.

Comme sa marque sœur Cartier, Piaget a repris des stocks à des détaillants l’année dernière. Son réseau (une centaine de boutiques) est désormais nettoyé et «cela permet d’avancer». Piaget s’est adapté et est prête à profiter de la reprise qui semble vouloir se dessiner, ajoute Philippe Léopold-Metzger. «Nous avons été parmi les premiers à souffrir de la crise, mais nous serons aussi les premiers à en sortir».

Lire aussi: Cartier et Van Cleef & Arpels relancent les ventes de Richemont

L’exercice qui débute sera un condensé de toutes les leçons qu’a tirées la marque ces dernières années. D’abord, la confirmation du succès de la joaillerie «access», avec des bijoux à moins de 2000 francs. Une offre qui complète celle de haute joaillerie et qui permet à Piaget de bénéficier du plus grand dynamisme de ce marché, par rapport à celui de l’horlogerie.

La fin de la surabondance

Ensuite, une réduction du nombre de références horlogères – une vingtaine au maximum. Et un nombre croissant de modèles qui, comme le demandent les marchés, embarquent moins de métaux précieux – moins de bracelets en or et moins de sertissage. Des montres moins chères, en somme. A ce titre, la collection Polo, relancée l’année dernière, commence à moins de 10 000 francs, signale Philippe Léopold-Metzger.

Enfin, ce SIHH est l’occasion de se reposer sur une valeur sûre: l’Altiplano, le best-seller de la marque, célèbre ses soixante ans d’existence. Huit modèles, toujours extra-plats, seront produits en série limitée. Rien d’inédit à cela, mais le signe d’une vraie volonté de mieux travailler sur la rareté et l’exclusivité, après les folles années de surabondance chez les détaillants.

Lire aussi notre dossier sur le Swiss made: Des montres suisses encore plus suisses