Cette édition du SIHH devra montrer que le secteur du luxe peut notamment dépasser les contingences du franc fort qui a freiné l'horlogerie suisse en général. «L'union fait la force», a indiqué à l'ats la présidente et directrice générale du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) Fabienne Lupo.

Depuis un an, les exportations horlogères suisses ont chuté régulièrement. Sur l'année 2015, elles devraient reculer de 4 à 5%, selon Fabienne Lupo. Le segment de la Haute horlogerie n'échappe pas à la baisse qui est toutefois plus douce et devrait s'établir à 3%.

La faute notamment au franc fort qui a poussé un certain nombre de sous-traitants à congédier des collaborateurs. L'abandon du taux plancher avait été annoncé le 15 janvier juste avant le SIHH.

Ukraine et Chine

Egalement en cause pour expliquer la baisse de la Haute horlogerie, les incertitudes sur la scène internationale, notamment le recul des marchés «des premiers clients», la Chine et plus largement toute l’Asie. Les conséquences des attentats de Paris sur le tourisme d'achat asiatique ou le conflit en Ukraine constituent d'autres éléments.

Dans la lignée des années précédentes, le secteur sait qu’il doit être «raisonnable en terme d’offres, avec des collections plus resserrées et moins exubérantes que par le passé», indique Fabienne Lupo. «On revient aux fondements du métier d'horloger tout en préservant un volet artistique» pour conserver une identité marquée.

Chaque maison doit se différencier, mais avec «honnêteté» par rapport à ses fondamentaux pour satisfaire un client «de plus en plus informé». Un besoin similaire à celui observé dans les autres secteurs du luxe.

Neuf indépendants attendus pour la première fois

De ce point de vue, le SIHH est significatif puisqu'il ouvre l’année horlogère. La tendance sera au «retour à des fonctions utiles, laisser de côté ce qui est dérisoire», souligne Fabienne Lupo. Pour certaines marques, le SIHH ne fait que confirmer l'état du carnet de commandes. Mais d'autres peuvent établir «jusqu'à 100% de leur chiffre d'affaires à cette occasion», affirme la présidente.

Pour le Salon lui-même, cette 26e édition sera celle de la refonte, sur la forme comme sur le fond. «On est passé à l'âge adulte», dit Fabienne Lupo.

Première nouveauté, le décor change. Mais le principal aménagement se matérialisera dans le Carré des horlogers. Pour la première fois, neuf artisans et ateliers viennent compléter le dispositif. Parmi eux figurent, les neuchâtelois HYT, Hautlence, Christophe Claret et Kari Voutilainen mais aussi MB&F, Urwerk, Moser&Cie, Ferrier ou encore De Bethune.

20 à 25 millions de francs de retombées pour Genève

Un projet évoqué depuis longtemps mais «c'est le bon moment parce que le marché se tend, notamment pour les marques et créateurs indépendants», selon Mme Lupo. Entre maisons historiques et plus contemporaines, secteur du luxe qui investit dans la branche et ateliers indépendants, la Haute horlogerie «recouvre des réalités très différentes», souligne la présidente du SIHH.

Pour HYT, cette intégration est réjouissante. «Cela donne clairement un message fort que la marque est crédible et reconnue désormais, et cela seulement après 3 ans d’existence», a souligné à l'ats son patron Vincent Perriard.

Aux côtés des neuf acteurs indépendants restent en bonne place les habitués du groupe Richemont (A. Lange&Söhne, Baume&Mercier, Cartier, IWC, Jaeger-Lecoultre, MontBlanc, Panerai, Piaget, Roger Dubuis, Vacheron Constantin et Van Cleef&Arpels). Et encore les marques Audemars Piguet, Parmigiani, Greubel Forsey et Richard Mille.

Le nombre de participants reste lui stable d'année en année. Sur 40 000 mètres carrés, quelque 15 000 visiteurs professionnels et quelque 1200 journalistes sont attendus. Les retombées pour Genève et l'économie genevoise du SIHH sont de l'ordre de 20 à 25 millions de francs.