Technologie

La Silicon Valley attire les talents suisses

Pour la cinquième année consécutive, Swisscom propose à cinq start-up suisses un stage d’immersion d’une semaine dans la Silicon Valley. La Banque cantonale vaudoise fait de même. Don son côté, venturelab, organisme de soutien aux jeunes sociétés, les emmène non seulement en Californie, mais aussi à New York, Boston et en Chine

Les entrepreneurs suisses désireux de faire leurs armes dans la Silicon Valley ont le choix. Après la Banque cantonale vaudoise (BCV), c’est au tour de Swisscom de lancer son concours pour sélectionner des start-up qui pourront se rendre, à la fin de l’été, dans le haut lieu de la technologie. La banque et l’opérateur télécoms organisent ces événements pour la cinquième année consécutive. venturelab, organisme de soutien aux jeunes sociétés qui a inspiré ces deux initiatives, met sur pied de tels voyages depuis dix ans, en s’intéressant désormais à la Chine.

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C’est jusqu’au 7 mai que des jeunes sociétés suisses peuvent s’inscrire au Swisscom StartUp Challenge. Elles peuvent être actives dans les domaines de la fintech, des villes connectées, de l’intelligence artificielle, du e-commerce ou d’autres technologies de pointe. Du 7 mai au 28 juin, l’opérateur, aidé par Venturelab, sélectionnera les dix meilleures start-up parmi toutes les candidatures. Ensuite du 31 juillet au 11 août, le public pourra émettre, via Internet, son avis sur ces sociétés, sous forme de vote consultatif. Un jury désignera ensuite les cinq gagnants le 18 août, qui s’envoleront pour la Californie le 24 septembre. Durant une semaine, les dirigeants suisses pourront rencontrer des investisseurs, d’autres entrepreneurs de la Silicon Valley et suivre des programmes personnalisés.

Intérêt de Swisscom

Swisscom y trouve aussi un intérêt. L’opérateur évalue comment il peut collaborer avec ces start-up, voire les financer, via son fonds d’investissement Swisscom Ventures. Plusieurs gagnants des éditions précédentes – Nanolive, Advanon, Ava, ActLight, Crowd, Geosatis – ont vu entrer l’opérateur dans leur capital. Depuis 2000, Swisscom Ventures a investi plus de 100 millions dans des start-up suisses. Sur ce montant, 70 millions l’ont été parmi les quarante finalistes des quatre premières éditions du concours.

«Le StartUp Challenge représente pour nous un excellent instrument d’observation de l’écosystème des start-up. Sur la base d’un grand nombre de candidatures (ndlr: 650 au total en quatre ans), nous pouvons extraire les profils les plus adaptés à une collaboration. Nous croyons à la force innovante des jeunes sociétés et voulons les associer à nos business phares», affirme Roger Wüthrich-Hasenböhler, responsable du numérique chez Swisscom. Selon lui, 80% des sociétés finalistes de ces quatre dernières années sont toujours en activité.

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Aussi vers la Chine

Selon Jordi Montserrat, directeur de Venturelab, ces voyages répondent à un réel besoin des entrepreneurs suisses. «Une étude récente de l’EPFL a montré qu’une immersion à l’étranger dans un milieu dynamique et très compétitif était jugée capitale par les créateurs de start-up. Le déplacement en soi n’est pas l’essentiel. Mais la qualité des rencontres et des conseils que leur apportent d’autres entrepreneurs sont très précieux».

Venturelab s’est lancé il y a quatorze ans sur ce créneau avec le programme «venture leaders» qu’il a rapidement élargi à d’autres destinations que la Silicon Valley. Chaque année, des sociétés suisses actives dans le secteur fintech sont ainsi envoyées à New York. Mardi, venturelab annonçait une liste de dix sociétés actives dans les sciences de la vie, dont les responsables partiront pour Boston en juin, où ils rencontreront des investisseurs potentiels. Et cette fin de semaine, Venturelab dévoilera les noms des 10 start-up qui pourront se frotter, ces prochaines semaines, au marché chinois, avec une tournée prévue à Pékin, Shanghai, Shenzhen et Hong Kong, incluant un passage par le Forum économique mondial de Dalian.


Trump pourrait favoriser les géants de la tech

Lundi, l’annonce par l’administration américaine de nouvelles mesures pour limiter la délivrance de visas d’immigration semblait prétériter la Silicon Valley. Washington avait affirmé vouloir restreindre l’obtention de visas de travail H-1B, surtout utilisés par les entreprises technologiques. Le but est de «détecter les fraudes et les abus» selon Washington, et par ricochet de favoriser le recrutement de spécialistes ayant la nationalité américaine. Selon les services de l’immigration, «le programme de visa H-1B devrait aider les entreprises américaines à recruter des ressortissants étrangers hautement qualifiés lorsqu’il y a une pénurie de travailleurs qualifiés dans le pays».

Selon l’agence Bloomberg, les géants de la tech ne devraient pas être inquiétés par cette mesure, puisqu’ils utilisent déjà ces visas pour recruter des spécialistes impossibles à trouver sur sol américain. Selon un expert cité par Bloomberg, ce seront les informaticiens les moins bien payés qui seront visés par les nouvelles mesures dictées par Washington. En début de semaine, la direction de Google écrivait ainsi un email à ses ingénieurs étrangers pour les rassurer. Les Etats-Unis délivrent chaque année 85 000 visas H-1B. La procédure de demandes 2017 pour ces visas est ouverte depuis le 3 avril.

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