C’est à San Francisco que Sony dévoilera, mardi 15 mars, les derniers détails (prix, date de lancement…) sur le PlayStation VR, son casque de réalité virtuelle. Le groupe organisera une conférence de presse en marge de la Game Developers Conference (GDC), l’un des plus importants salons destinés aux développeurs de jeux vidéo. 

En quelques années, la GDC, qui se tiendra la semaine prochaine dans la cité californienne, s’est transformée en grand messe de la réalité virtuelle. Un rendez-vous devenu incontournable pour tous les professionnels du secteur. C’est ici que Sony a déjà levé le voile sur son casque en 2014. Ou encore qu’Oculus, la start-up américaine rachetée par Facebook, a effectué les premières démonstrations publiques de ses différents prototypes.

«Un lieu de passage obligatoire»

La réalité virtuelle n’est pas une nouveauté dans la Silicon Valley. A Stanford, la grande université de Palo Alto, un laboratoire de recherche a été ouvert il y a déjà plus de 10 ans. Ces dernières années, la tendance s’est pourtant accélérée. Et le centre de gravité technologique s’est déplacé vers San Francisco et sa région. «C’est devenu un lieu de passage obligatoire», notait l’an passé un entrepreneur français, venus rencontrer les acteurs locaux.

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Deux phénomènes entrent en jeu. D’abord, l’offensive des géants de la Silicon Valley, comme Google et Facebook. Ensuite, l’intérêt porté par les fonds californiens de capital-risque, les grands argentiers des start-up. Pour les sociétés spécialisées dans la réalité virtuelle, une présence au plus près de cet écosystème est ainsi devenue primordiale. Aussi bien pour entretenir des relations avec les autres acteurs du marché que pour lever de l’argent afin de financer leur développement.

Oculus a la possibilité de créer la plate-forme la plus sociale de l'histoire et de changer la manière dont nous travaillons, jouons et communiquons.

Le tournant est intervenu en mars 2014, lorsque Facebook a mis la main sur Oculus pour deux milliards de dollars. Une opération directement menée par Mark Zuckerberg. «Oculus a la possibilité de créer la plate-forme la plus sociale de l'histoire et de changer la manière dont nous travaillons, jouons et communiquons», expliquait alors le fondateur et patron du réseau social.

Une technologie abandonnée dans les années 90

Cette acquisition a représenté un coup de projecteur pour une technologie laissée pour morte après de nombreuses échecs dans les années 90. Elle a donc attiré de nouveaux investisseurs. Elle a aussi stimulé l’écosystème local: les équipes d’Oculus, initialement basées dans la banlieue de Los Angeles, ont été rapatriées à Menlo Park, au coeur de la Silicon Valley.

De nombreuses start-up de la région en ont profité. En septembre 2015, Jaunt a ainsi récolté 65 millions de dollars, injectés notamment par Disney et par Google Ventures, la branche d’investissement du moteur de recherche. Cette société a conçu une caméra, filmant à 360 degrés, dans le but de convertir Hollywood à la réalité virtuelle. 

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Trois mois plus tôt, Matterport, dont la technologie de capture se destine en priorité aux agences immobilières, avait levé 30 millions de dollars. Autre exemple: 10 millions de dollars pour les «chat rooms» virtuelles d’AltspaceVR. «Ces sommes laissent rêveur», soupirait l’entrepreneur français en visite.

Beaucoup plus discret que Google, Apple commence à laisser filtrer quelques indices sur ses intentions. «C’est vraiment cool et il existe quelques applications intéressantes», a récemment déclaré Tim Cook, son directeur général. Et le groupe à la pomme multiplie les rachats de petites sociétés spécialisées dans la réalité virtuelle. Mais aussi dans la réalité augmentée, autre marché que convoite la Silicon Valley.