Entreprise en phase d’internationalisation rapide cherche directeur financier, 15 ans d’expérience, disponible au plus vite, salaire à discuter. Mise à prix: 3000 francs. Voilà, en substance, le genre d’annonce disponible sur Tellnspread, un nouveau portail qui combine tableau d’affichage d’offres d’emploi et réseau social permettant à tout un chacun d’arrondir ses fins de mois en devenant chasseur de têtes. Version amateurs. «Notre concept fait appel aux principes de l’économie collaborative et du réseautage. L ouvre de nouvelles perspectives dans le monde du recrutement», estime Guillaume Stollsteiner, initiateur du projet et directeur du cabinet d’outplacement Tell NP Advisers.

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L’outil, développé à Genève depuis environ un an et dont la préversion (hellotellnspread.wixsite.com/tellnspread) sera lancée dans moins de trois semaines dans 19 pays, présente des caractéristiques comparables à Uber Pop, la variante non professionnelle de la start-up californienne connue pour ses effets disruptifs en matière de mobilité. Le principe? Les entreprises et autres consultants qui cherchent à repourvoir un poste vacant publient une annonce gratuite, ou sponsorisée – soit quelques dizaines de francs pour mettre en avant son offre –, précisant la récompense qu’ils sont prêts à payer en cas d’embauche de candidat. Le montant de la prime de base est compris entre 500 et 3000 francs.

Statut de rapporteur d’affaires

Selon l’importance du profil souhaité, la commission peut toutefois être supérieure. Les internautes se chargent ensuite de faire, collectivement, les rabatteurs. Une myriade d’intermédiaires qui se contente de partager l’avis de recherche d’emploi sur les réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn, etc.). Jusqu’à trouver la perle rare. Si un membre de sa communauté en ligne est engagé, la personne à l’origine de la prise de contact remporte la mise à prix. «C’est le principe de la cooptation, habituellement proposé à l’interne des sociétés», résume Guillaume Stollsteiner, 32 ans, dont dix ans passés dans le secteur de l’embauche, en France, en Irlande et en Suisse. Et ce dernier de préciser: «si nous sommes basés en Suisse, c’est parce que cette juridiction, contrairement à d’autres, autorise notre modèle de rémunération sous la forme de contrat de rapporteur d’affaires, plus communément utilisé dans le secteur de la finance.»

Canal non conventionnel

Parmi les avantages de Tellnspread: une approche plus directe et indépendante que des formules existantes comme MyJobCompany ou Kicoop, lesquelles sont malgré tout adossées à des cabinets traditionnels pour le suivi. En outre, le recruteur ne paie rien, tant que le contrat de travail n’a pas été signé. Les entreprises déboursent normalement entre 400 et 1000 francs, rien que pour une annonce traditionnelle. Et le nouveau portail genevois permet d’accéder à des candidats dits dormants, lesquels ne recherchent pas activement de nouvel emploi.

En contrepartie de ses services appelés à se développer notamment sous forme de partenariats avec des réseaux d’anciens élèves de grandes écoles, Tellnspread ponctionne 20% de la prime offerte par le recruteur, contre 12% à 25% du salaire annuel pour un cabinet traditionnel.