Blanchiment

Singapour amende deux autres banques liées au scandale 1MDB

Après avoir sanctionné BSI et Falcon, la banque centrale de la cité-Etat inflige une amende de 3,7 millions de francs à Standard Chartered et de 1,7 millions à Coutts. Cet établissement aurait joué un rôle de «centrale de distribution» d’argent douteux

Suite au coup de tonnerre 1MDB, voilà plus d’un an, la foudre avait frappé par deux fois à Singapour. Ce matin, Standard Chartered et Coutts sont venues rejoindre la liste des banques sanctionnées par l’Autorité monétaire de la cité-Etat pour leur rôle dans le scandale financier de la décennie: le détournement de quelque 4 milliards de dollars du fonds souverain malaisien.

Lire aussi: Comment BSI Genève a fait barrage aux fonds suspects de 1MDB

Standard Chartered écope d’amende de 3,7 millions de francs et Coutts Bank de 1,7 million de francs pour infraction à la législation sur la lutte contre le blanchiment d’argent.

Par ailleurs, Tim Leissner, ex-directeur chez Goldman Sachs, a été condamné à une interdiction de travailler à Singapour pendant 10 ans, pour avoir produit de fausses déclarations à propos de son client 1MDB, dans le cadre d’une émission obligataire pour ledit fonds souverain malaisien de 2012 et 2013.

Un contrôle effectué chez Standard Chartered Bank a révélé des «défaillances significatives» dans les mesures de vigilance nécessaires, soit la violation de 28 normes anti-blanchiment, mais pas de volonté délibérée de tricher.

Singapour a jugé que Coutts Bank, dont les activités en Asie ont été rachetées en 2015 par l’Union Bancaire Privée (UBP) suisse, avait violé les prérequis en matière de traitement de clients politiquement exposés. La relation d’affaires en questions avait été établie entre 2003 et 2009. C’est à travers cet établissement, ou plus exactement sa succursale zurichoise – surnommée la «centrale de distribution» par des proches du dossier –, que le transfert originel (700 millions de dollars) provenant du fonds souverain malaisien a été accompli fin 2009.

D’autres banques suisses toujours sous enquête?

L’argent avait quelques semaines plus tôt tenté de passer par BSI Genève. Sans succès. Ironie du sort: ces fonds supposés détournés de 1MDB ont tout de même fini par se retrouver sur des comptes singapouriens de la banque tessinoise. Via un ex-directeur de Coutts qui a été engagé par BSI avec 90 de ses collaborateurs, et dont le passeport est aujourd’hui séquestré par Singapour dans le cadre de son enquête.

D’autres banques, notamment suisses, seraient toujours dans la ligne de mire de l'Autorité monétaire de Singapour. «Nous avons pris des mesures réglementaires sévères contre diverses institutions financières cette année. Ces actions donnent un signal fort que nous ne tolérerons pas l’abus de notre système financier à des fins illicites», conclut cette dernière.

Publicité