Le site avait connu un début fulgurant. Mais la situation se corse pour Moneyhouse. La plateforme, qui permet de vérifier la solvabilité d’un individu ou d’une entreprise, voit sa fréquentation diminuer.

En un an, le site, dont la société est basée dans le canton de Zoug, a perdu 40% de sa fréquentation, selon le quotidien Der Bund, qui cite les données récoltées par la société NET-Metrix. De plus de 3 millions de visites en janvier 2016, Moneyhouse en a compté moins de 2 millions en décembre dernier. En 2014, alors que le site figurait parmi les dix sites suisses commerciaux les plus visités, il est racheté par le groupe NZZ. Il est désormais 22e. Pour le groupe de média zurichois, cette dégringolade s’explique par une refonte du site et n’est que temporaire puisque les services ont été développés, explique une porte-parole.

Plus loin que les exigences légales

La plateforme qui agrège «les registres du commerce cantonaux, la Feuille officielle suisse du commerce, tous les marchés de l’emploi en Suisse et les médias» dit afficher «plus de 13 millions de renseignements sur tout ce qui compte dans l’économie suisse», le tout «mis à jour quotidiennement» et en partie gratuitement.

Problème: des plaintes à son égard ont été déposées ces dernières années, de la part d’individus lui reprochant d’afficher des informations jugées trop personnelles ou de la difficulté de retirer des informations. Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence lance une procédure en 2012. Elle aboutit à plusieurs recommandations à l’égard de Moneyhouse. En avril 2015, le préposé saisit le TAF afin d’obtenir une décision contraignante, certaines recommandations n’ayant pas été acceptées par le site.

Les propriétaires de la plateforme se défendent: «Il est central pour Moneyhouse d’offrir des données correctes et de haute qualité. Moneyhouse a examiné attentivement les 18 recommandations du préposé et a déjà mis en place la majorité d’entre elles. Le tribunal n’a donc maintenant plus que quelques recommandations restantes, qui, selon nous, vont clairement plus loin que ce qui est légalement exigé. C’est sur à ce propos que les points de vue de Moneyhouse et du préposé diffèrent», explique une porte-parole du groupe NZZ au Temps.

C’est cette semaine qu’a eu lieu une séance publique devant le TAF. Les parties attendent maintenant le jugement, «qui n’arrivera que dans quelques semaines», précise un porte-parole du préposé.

Lire aussi: Le communiqué du préposé à la protection des données (avril 2015)