En Suisse, quelque 2700 personnes viennent chaque mois gonfler le nombre des personnes arrivées au terme de leur droit aux indemnités de chômage. Parmi ces «fins de droits» figurent de plus en plus de travailleurs qualifiés et de cadres, ainsi que de jeunes. Suzanne Blank, responsable pour la politique économique à la centrale des syndicats chrétiens Travail.Suisse, estime à 65 000 le nombre des personnes qui seront touchées jusqu'à l'été 2004. Cette forte augmentation est directement liée à la loi sur l'assurance chômage révisée en vigueur depuis juillet 2003. Pour les moins de 55 ans, la durée d'indemnisation est en effet passée de 520 à 400 jours.

L'expérience montre qu'un bon cinquième des fins de droits ne trouve pas d'autre issue que de s'en remettre à l'aide sociale. Selon Suzanne Blank, si la moitié d'entre eux parvient à retrouver un travail dans l'année qui suit l'extinction de leur droit aux indemnités, c'est souvent au prix d'un changement de métier et d'un salaire diminué. Une des raisons évoquées tient aux réticences d'employeurs qui pensent que le chômeur de longue durée aura de la peine à retrouver un rythme professionnel. Contrairement à ce qui était le cas jusqu'à récemment, ce sont aussi des travailleurs hautement qualifiés qui font les frais de cette méfiance.