L'assemblée générale extraordinaire d'UBS s'est déroulée jeudi dans une ambiance beaucoup plus calme que les précédentes. Seules 2372 personnes se sont déplacées à la Halle Saint-Jacques à Bâle hier, soit un tiers de moins qu'en février dernier. Si certains intervenants n'ont pas ménagé leurs critiques à l'encontre du numéro un bancaire helvétique, le climat était moins tendu qu'en février et avril derniers. Au préalable, Peter Kurer, nouveau président du conseil d'administration, avait largement contribué à rassurer les marchés en diffusant un communiqué avant l'ouverture des marchés jeudi. Contre toutes attentes, UBS y indiquait s'attendre à un «faible bénéfice» au troisième trimestre.

Le numéro un bancaire helvétique ajoute que l'exercice 2009 devrait, lui aussi, être «globalement rentable». Enfin, un dividende pourrait aussi être à nouveau versé en 2010, a laissé entrevoir Peter Kurer hier. La banque précise également avoir continué de réduire fortement ses positions à risque en rapport avec le marché hypothécaire résidentiel américain, principalement par le biais de ventes d'actifs, sans en préciser toutefois les montants.

Dans la foulée, l'action UBS a rebondi de 8,3% à 21,3 francs jeudi. Les actionnaires ont été soulagés par la perspective d'un retour de l'établissement dans les chiffres noirs. UBS n'a en effet plus réalisé de bénéfice depuis le deuxième trimestre 2007. Les indications préalables fournies par la banque contredisent les estimations les plus pessimistes évoquées par certains analystes. Ceux-ci tablaient sur des amortissements compris entre 3 et 5 milliards de francs au troisième trimestre. Les chiffres détaillés du troisième trimestre d'UBS seront publiés le 4 novembre prochain.

Les quatre nouveaux membres proposés au conseil d'administration, Sally Bott, Rainer-Marc Frey, Bruno Gehrig et William Parrett, ont tous été élus à plus de 99% des voix. La modification des statuts d'UBS a aussi été largement acceptée.

Des parachutes dorés

Malgré ce vote de confiance envers le nouveau conseil d'administration de la banque, Peter Kurer n'a pas échappé aux questions gênantes concernant l'ancienne direction d'UBS. S'il répète que Marcel Ospel ne recevra pas d'indemnité de départ, le président d'UBS ne précise pas le salaire perçu par son prédécesseur pour les derniers mois passés au sein de la banque. En revanche, Peter Kurer a indiqué hier que les trois anciens membres de la direction Peter Wuffli (ancien CEO), Clive Standish (responsable financier) et Hew Jenkins (responsable de la recherche actions) ont ensemble touché 60 millions de francs en 2007.

Par ailleurs, UBS a reconnu que la banque détenait en dépôt un petit nombre de produits structurés émis par Lehman Brothers. «Seuls 23 clients sont concernés», précise Peter Kurer. Brigitta Moser, une actionnaire indépendante qui est déjà intervenu à maintes reprises lors des précédentes assemblées générales UBS, a saisi l'occasion pour exiger de la part de la banque qu'elle rembourse toutes les personnes concernées par cette affaire.