Selon les mains levées dans la salle, le public du Forum Horizon n’est pas représentatif de la consommation de sports d’hiver pour ses loisirs. Il skie, et ses enfants aussi. Pourtant, les chiffres sont évocateurs. En berne, ils imposent au tourisme de montagne de redéfinir son offre et de se faire plus attirant. Un défi de taille que les acteurs du domaine s’affairent à relever.

La table ronde tenue lors du Forum Horizon a permis d’éclaircir la situation. Pour Nicolas Délétroz, professeur HES et responsable de l’Observatoire valaisan du tourisme, l’industrie du tourisme se porte pourtant en fait plutôt bien. «Mais ce n’est malheureusement pas toutes les formes de tourisme qui en bénéficient», souligne-t-il. Le tourisme de montagne justement est hors du lot. Selon l’observateur, le vieillissement de la population, un attrait accentué pour le tourisme urbain et un désintérêt de la nouvelle génération pour la montagne en sont la cause. Sans compter les conséquences du réchauffement climatique, qui font de la neige une rareté. «Le tourisme de montagne doit se rendre plus attirant», affirme-t-il.

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Le client devenu expert

Quelles sont donc les armes à déployer? Le rapprochement du consommateur est un outil précieux. «On assiste à un transfert de pouvoir. Aujourd’hui, avec les GAFA, le client est devenu un expert. Il compare les offres et certaines plateformes lui proposent même, sans connaître les lieux, une offre sur mesure que les offices du tourisme ne sont pas capables de présenter», souligne Nicolas Delétroz.

Les stations de skis suisses ont subi de plein fouet les conséquences du manque de prise en considération du virage numérique. «On a perdu environ 30% de notre clientèle au cours des dix dernières années», explique Sébastien Travalletti, président de Télé Anzère. Le responsable l’assure, les stations veulent réagir.

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Sortir des clichés

Egalement membre de l’administration du Magic Pass, l’homme déclare que l’opération qui réunit depuis deux ans trente stations majoritairement romandes sous le sceau d’un seul et unique abonnement, permet une relation directe avec le client. «L’industrie du ski se doit de personnaliser son offre», souligne-t-il.

«Des initiatives sont également menées à l’échelle nationale», poursuit Andreas Banholzer, directeur de Vaud tourisme. Il évoque des plateformes telles que «sport de neige» qui permettent notamment aux enseignants d’organiser des camps de ski et facilitent la quête d’un hébergement, ainsi que l’initiative de Suisse Tourisme et des remontées mécaniques d’offrir 13 000 tickets hebdomadaires pour les familles. «L’élément financier est un des principaux problèmes», explique-t-il.

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De manière générale, les trois intervenants affirment qu’une prise de conscience est en cours. La montagne doit sortir des clichés que les jeunes s’en font. Fini, les références aux Bronzés, à Belle et Sébastien ou à Heidi. La montagne doit se moderniser et séduire de potentiels nouveaux skieurs. «Des mesures sont en cours», promettent les intervenants.

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