Concept à la mode pour certains, solution ultime pour rendre la ville plus durable pour d’autres, la smart city trace son chemin et s’impose peu à peu comme un nouveau modèle de développement urbain. Difficile toutefois d’en donner une définition précise; la smart city est protéiforme. Chaque ville s’approprie le concept et l’adapte à son contexte. On voit donc se côtoyer et coexister différentes «générations» de villes intelligentes.

Smart City 1.0 – Le solutionnisme technologique

A l’origine de ce concept, on retient la volonté de résoudre les problématiques urbaines (défis démographique, énergétique, climatique, accès et répartition des ressources, etc.) en faisant appel aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. La smart city 1.0 vise ainsi à maximiser l’utilisation des technologies de pointe comme levier de viabilité, de durabilité et de contrôle. La ville y est vue comme la somme de services ou de réseaux (mobilité, énergie, eau, déchets, etc.) dont on peut optimiser les flux et les ressources grâce à la récolte et au traitement d’informations.

Poussée par les acteurs de la tech, cette approche a toutefois ses limites. Le risque de dérive lié à l’usage des données personnelles et leur mainmise par quelques acteurs privés sont ainsi souvent décriés. Mais c’est aussi l’idée même que les nouvelles technologies puissent régler l’essentiel des défis auxquels notre société et nos villes font face qui est remise en cause. Avec la smart city 1.0, on laisse en effet de côté l’idée que la ville est avant tout une organisation sociale et l’on néglige dès lors le facteur humain, au risque de rendre la ville «froide», bardée de capteurs et gérée par des algorithmes.

«Smart city» 2.0 – La technologie au service de la ville

Le développement des villes devrait au contraire être basé sur celles et ceux qui la font et qui la vivent. C’est autour de cette idée que se déploie alors une version 2.0 de la smart city. Dans cette approche, les outils technologiques restent présents, mais sur la base d’une vraie légitimation démocratique de leurs usages. Ce ne sont plus les grands groupes technologiques qui imposent leurs solutions, mais les collectivités locales qui déterminent le rôle que jouent les technologies dans le développement de la ville. Elles le font avec en tête la volonté d’améliorer la qualité de vie des citoyennes et citoyens.

Les acteurs du secteur de l’énergie jouent ici un rôle important pour proposer des solutions intelligentes centrées sur les usagers et pour accompagner les collectivités dans la concrétisation de concepts de développement visant à rendre les villes plus efficaces, technologiquement plus avancées, plus vertes et plus inclusives socialement.

A l’échelle de la ville, le contrôle dynamique de l’éclairage public, par exemple, permet de varier en continu l’intensité de lumière en fonction de la circulation, grâce à l’utilisation de détecteurs de mouvement. Une solution smart qui allie réduction de la pollution lumineuse et économies d’énergie substantielles. A l’échelle de l’habitat, le pilotage intelligent des appareils énergétiques (permettant par exemple de lancer automatiquement sa machine à laver lorsque les panneaux solaires fournissent de l’énergie) ou de son installation de chauffage offre à la fois confort et économies autant d’énergie que financières.

«Smart city» 3.0 – L’intelligence collective comme moteur

Si la plupart des villes intelligentes dans le monde peuvent être affiliées à la génération smart city 2.0, le concept continue d’évoluer pour y intégrer plus de participation citoyenne. Les nouveaux projets estampillés smart se caractérisent ainsi toujours plus par la mise en réseau, l’échange d’informations et l’intensification de la coopération entre parties prenantes. On parle donc aujourd’hui de smart city 3.0, axée sur la co-création citoyenne où le développement du capital humain et social est replacé au centre.

Appliquée au secteur de l’énergie, l’approche smart city 3.0 se traduit par une décentralisation de la production d’énergie avec une véritable prise en main de la ressource énergétique par les acteurs du territoire.

La mise en commun des consommations et des productions énergétiques locales de bâtiments voisins ou même d’un quartier via un micro-réseau privé ou microgrid en est un bon exemple. Dans le cadre d’un microgrid, des locataires et propriétaires décident de partager l’énergie produite au sein de leur quartier et s’équipent d’un système de gestion intelligent permettant d’assurer l’équilibre constant entre production et demande d’électricité, avec une garantie de transparence sur les consommations. Cette mise en commun de la ressource énergétique permet d’augmenter l’autoconsommation et de favoriser le déploiement des énergies renouvelables, en les rendant accessibles même pour les locataires. La technologie se met ici véritablement au service des acteurs du territoire.

Autre solution smart 3.0, la réalisation de centrales solaires locales et participatives, grâce à l’implication de citoyennes et citoyens comme investisseurs du projet. Et l’on voit ici que la technologie s’efface presque complètement au profit des échanges humains.

Et demain? Quel nouveau virage prendra la smart city? Face à l’épuisement des ressources, il paraît au moins important de se libérer du seul prisme technophile pour guider le développement de nos villes et de faire appel à l’intelligence collective plutôt qu’artificielle. Savoir donc reconnaître aussi l’intelligence d’une ville low tech, frugale en énergie et en matières premières.


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