Technologie

Le smartphone «éthique» attire les consommateurs suisses

La Suisse représente 10% des commandes de la version 2 du Fairphone. Le but est désormais de vendre 100 000 appareils par an

Le smartphone «éthique» attire les consommateurs suisses

Technologie La Suisse représente 10% des commandes de la version 2 du Fairphone. Le but est désormais de vendre 100 000 appareils par an

Sur le marché des smartphones, le Fairphone est un cas à part. Vendu uniquement en ligne et proposé par aucun opérateur, il est le seul à être conçu dans un but éthique. Basée à Amsterdam, la société qui le conçoit cherche à utiliser un maximum de métaux dont la traçabilité a été assurée. Fairphone s’intéresse aussi aux conditions de travail des ouvriers chinois. Vendredi, la version deux du smartphone a été présentée à Lausanne par la société néerlandaise.

Le lancement du Fairphone 2 est suivi de près par les consommateurs suisses. «Sur les 7900 précommandes que nous avons enregistrées depuis juillet, 10% viennent de Suisse, explique Tessa Wernink, responsable marketing de Fairphone. La Suisse est notre second marché, derrière l’Allemagne.» Le but de la société est d’atteindre, en septembre, les 15 000 précommandes pour commercialiser l’appareil en novembre. La première version du smartphone, lancée il y a deux ans, s’est écoulée à 60 000 exemplaires. «Nous ne vendons notre smartphone qu’en Europe et pas sur les marchés américain et asiatique, car cela nous imposerait de changer certains composants pour être compatibles avec d’autres réseaux», poursuit Tessa Wernink. A terme, la société espère pouvoir distribuer son appareil via les opérateurs.

Avec son nouvel appareil, Fairphone vise des ventes de 100 000 exemplaires par an. A titre de comparaison, il s’est vendu 1,24 milliard de smartphones l’an passé, selon la société de recherche Gartner, dont 307 millions de smartphones Samsung. «Notre société est rentable, les ventes du premier smartphone nous permettent de financer le développement du deuxième modèle. Nous bénéficions aus­si du soutien de la banque néerlandaise Rabobank», pré­cise la responsable. Fairphone compte 45 employés.

Dans les semaines à venir, promet la cheffe marketing, la société détaillera le coût de production de l’ap­­pa­reil. Pour le consommateur, le prix prend l’ascenseur. La version une coûtait environ 310 euros, celle prévue pour novembre sera facturée 525 euros. Pourquoi une telle hausse? «Nous avons opté pour des composants haut de gamme et les consommateurs sont prêts à payer pour un téléphone éthique», répond Tessa Wernink.

La responsable a amené avec elle un prototype du Fairphone. L’écran est plus grand et possède désormais une diagonale de 5 pouces. Le poids est resté le même (150 grammes).

Changer l’écran en trois clics

Au dos de l’appareil, pas d’aluminium brossé haut de gamme ni de plastique brillant, mais une sorte de caoutchouc antichoc. «Comme l’immense majorité des utilisateurs de smartphones achètent une fourre de protection, nous l’avons directement incluse dans l’appareil», sourit Tessa Wernink. Il est non seulement possible de changer la batterie, mais aussi l’écran en trois clics. A l’intérieur, l’utilisateur peut lui-même, en ouvrant de grandes vis, changer par exemple la caméra du smartphone. Tous les composants peuvent être achetés en ligne.

Toujours équipé d’Android, le système de Google (ce sera la version 5.1), le Fairphone 2 sera plus puissant, permettra d’utiliser deux cartes SIM et une carte mémoire. Et qu’en est-il du côté éthique? «Nous sommes en train de mettre en place une filière pour utiliser du tungstène et de l’or certifiés, qui ne proviennent pas de régions en conflit. C’est déjà le cas pour l’étain et le tantale. Il reste des dizaines d’autres métaux pour lesquels nous voudrions être certains de la provenance, mais cela prend du temps», explique Tessa Wernink.

Publicité