Adieu Nexus, bonjour Pixel! Google a fait table rase de sa gamme historique de smartphones. Exit les Nexus donc, fabriqués par des partenaires tels que Huawei ou LG, et place aux Pixel, téléphones pour la première fois entièrement conçus par la firme californienne… du moins aux dires de l’entreprise. En réalité, les Pixel sont produits par le Taïwanais HTC. C’est pourtant le logo de Google que l’on retrouve dessus, signe que le géant de la recherche se profile, une fois de plus observeront certains, comme un fabricant de smartphones haut de gamme, au même titre qu’Apple et Samsung. Avec le même succès? C’est ce que nous avons voulu savoir lors de notre test. L’appareil a été prêté par Digitec.ch

Les goûts et les couleurs

Le design du Pixel ne surprend pas. La coque en aluminium chaussant l’écran de 5 pouces (5,5 pouces pour l’autre téléphone de la gamme, le Pixel XL) fait immanquablement penser à un iPhone. L’arrière de l’appareil a en revanche de quoi surprendre avec une grande surface en verre qui en séduira certains, mais en rebutera d’autres.

Comme c’était le cas sur les précédents Nexus, les 5X et 6P, c’est à l’arrière que se trouve le capteur d’empreintes digitales et non à l’avant, façon Apple. Très intuitif, le positionnement interdit cependant tout déverrouillage de l’appareil lorsque celui-ci est posé sur une table.

A l’avant, les bords latéraux de l’écran sont plutôt fins. On ne peut hélas pas en dire autant des bords supérieur et inférieur, franchement trop grands. Que d’espace perdu!

L’écran, point fort du Pixel

Cette première sensation mi-figue mi-raisin s’estompe dès que s’allume le superbe écran du Pixel. Associée à sa surface modeste, sa définition Full HD offre une densité de 441 pixels par pouce, soit mieux que celle de l’iPhone 7. A l’usage, cela se traduit par des pixels invisibles, des lignes bien nettes et donc des textes agréables à lire. Comme pour le Nexus 6P, c’est un écran de type AMOLED qui équipe le Pixel et qui offre par conséquent des noirs parfaits et des contrastes infinis. Un avantage indiscutable en utilisation à l’extérieur, et ce d’autant plus que le traitement antireflet s’avère excellent. Par défaut, les couleurs sont bien trop chatoyantes et exigent un simple réglage dans un des menus de l’appareil pour retrouver des teintes naturelles.

Une fois en main, le Pixel et ses 143 grammes procurent une sensation de qualité, et les finitions des boutons ou de la connectique rappellent que le produit se veut premium.

Composants dernier cri

Qu’en est-il de l’intérieur? On y trouve un processeur Snapdragon 821 de Qualcomm épaulé par 4 gigaoctets de mémoire vive. Chercher son chemin dans Google Maps en écoutant de la musique, recevoir à cet instant précis un message tout en mettant des applications à jour en tâche de fond: ces composants dernier cri permettent de faire tout cela simultanément sans jamais ressentir le moindre ralentissement.

Des photos traitées

Du côté de l’appareil photo, le Pixel embarque un capteur de 12,4 mégapixels similaire à ceux de ses concurrents Galaxy S7 et iPhone 7. Plutôt que s’acharner sur un empilement de mégapixels, c’est surtout sur la partie logicielle que les ingénieurs de Google se sont concentrés. Le Pixel applique un traitement dit HDR + à chaque photo afin d’en gommer les imperfections. Le résultat est largement au-dessus des «Googlephones» antérieurs, sans toutefois battre les photos de ses concurrents.

Une autonomie correcte

L’autonomie du Pixel nous a semblé plutôt bonne. La batterie de 2770 mAh couplée à un écran finalement peu énergivore tient un peu plus d’une journée en utilisation normale, sans jeu ou vidéo. Comme le Nexus 6P, le Pixel ne dispose plus de port micro USB, mais d’un port USB type C qui permet de le recharger de 0 à 100% en 90 minutes. A l’usage, cette charge rapide est très pratique et évite de se retrouver à court de jus en milieu de journée, pour peu qu’une prise soit à proximité.

L’assisté Google

Enfin, quelques mots sur le pétard mouillé de ce Pixel: la présence de l’Assistant maison de Google. Déjà aperçu dans son application de messagerie Allo, il s’agit ici d’une version légèrement remaniée que l’on dirige de vive voix (pour l’instant uniquement en anglais).

Lancé par un appui long sur le bouton central, il répond assez bien à des requêtes basiques mais limite ses réponses aux résultats de recherche sur Google, ce qui empêche par exemple de s’en servir pour piloter son smartphone. Au final, passé l’effet de découverte, on a tôt fait d’oublier cette exclusivité du Pixel…

Un prix premium, pas forcément justifié

Que penser de ce Pixel? Appareil de transition entre deux gammes, il satisfera les utilisateurs de services de Google à la recherche d’une expérience Android pure, dans sa toute dernière version. A condition qu’ils soient fortunés: le Pixel est vendu la bagatelle de 850 francs en version 32 Go, et 979 en version 128 Go (via Digitec.ch l’instant, il n’est pas vendu par les opérateurs). A ce prix et faute de réelle innovation, il nous semble difficile de recommander ce téléphone à ceux qui recherchent un bon rapport qualité prix: pour rappel, un Galaxy S7 32 Go se trouve aux alentours de 500 francs…