La course à l'achat de Centerpulse, entreprise suisse d'orthopédie – qui possède notamment un site de production à Winterthour – est ouverte. Le suspense durera jusqu'au 17 septembre, date fixée par la Commission fédérale des OPA (COPA) pour la publication des résultats de la bataille. Alors qu'on attend une surenchère de la part de la société britannique Smith & Nephew (S & N), durant la première quinzaine de juillet, Zimmer espère emporter le morceau par une proposition de dernière minute légèrement supérieure. La COPA a fixé la clôture définitive des offres au 27 août.

Pour l'instant l'offre de Zimmer, estimée à 4,1 milliards de francs, est supérieure de plus de 20% à celle de S & N, qui porte sur 3,3 milliards (Le Temps du 25 juin). Le 9 juillet, le conseil d'administration de Centerpulse, présidé par Max Link, s'exprimera sur les deux offres, mais «il ne fera pas de recommandation claire et précise aux actionnaires», selon la porte-parole de l'entreprise suisse. Cette recommandation formelle tombera à partir du 28 août. Les actionnaires de Centerpulse disposeront d'une dizaine de jours, soit jusqu'au 11 septembre, pour se prononcer individuellement et par écrit sur l'offre qui leur paraîtra la meilleure.

L'offre publique d'achat (OPA) ne sera acceptée par Zimmer que si l'entreprise américaine obtient 75% du capital. S & N, dont 30% du chiffre d'affaires de 1,26 milliard de livres (2,81 milliards de francs) provient du commerce de pansements, a fixé la barre un peu plus bas, soit à 66,6%. Il est théoriquement possible, mais peu probable, qu'aucun de ces seuils ne soit atteint, ce qui obligerait Centerpulse à garder son indépendance. Les observateurs font cependant remarquer que les principaux actionnaires de Centerpulse sont des investisseurs institutionnels, qui feront tinter le tiroir-caisse et choisiront logiquement l'offre la plus avantageuse financièrement. L'entreprise suisse, ex-Sulzer Medica, changera donc très probablement de propriétaire, non en raison de difficultés économiques, mais par simple volonté d'enrichissement du conseil d'administration et des actionnaires.

On comprend aujourd'hui que le départ précipité, durant l'été 2002, de Stephan Rietiker, directeur général de Centerpulse, était dû à une profonde divergence stratégique avec Max Link, président du conseil d'administration, au sujet de l'avenir de l'entreprise. Après avoir frôlé la faillite à la suite des procès aux Etats-Unis, consécutifs aux défauts de fabrication d'un lot de prothèses de la hanche et du genou, Centerpulse avait réussi à régler le litige sans dommages financiers majeurs. Stephan Rietiker n'a pas supporté l'idée de fêter ce succès en vendant l'entreprise au plus offrant.